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Massacre de dizaines d'élèves au Nigeria

25/02/2014 09:57 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Des miliciens du groupe islamique Boko Haram ont tué des dizains d'étudiants dans l'attaque d'un pensionnat de Buni Yadi, dans l'État de Yobe, dans le nord-est du Nigeria au cours de la nuit de lundi à mardi. Le dernier bilan provisoire s'élève à 43 morts, selon des sources médicales, alors que la police confirme la mort de 29 personnes.

« Les ambulances ont amené des corps du Collège du gouvernement fédéral de la ville de Buni Yadi », a déclaré sous couvert d'anonymat, un responsable d'un hôpital de Damaturu. « Jusqu'à présent 43 corps ont été amenés et reposent à la morgue. »

Cette source médicale a ajouté que seulement les garçons avaient été ciblés alors que les filles avaient été épargnées.

Les miliciens ont embarré les étudiants dans le collège fédéral de Buni Yadi avant d'y mettre le feu.

Professeur à une école secondaire liée au collège de Buni Yadi, Adamu Garba a réussi à fuir le massacre. Il précise que les meurtriers ont mis le feu à des bâtiments administratifs avant d'incendier les résidences des étudiants après les y avoir embarrés. « Des étudiants tentaient de s'échapper par les fenêtres et ils ont été assassinés comme des moutons par les terroristes qui leur ont tranché la gorge », a raconté M. Garba à l'Associated Press, à Damaturu, où il a réussi à se réfugier en compagnie d'autres professeurs. « D'autres [étudiants], qui tentaient de fuir à la course, ont été abattus par des coups de feu. » Ceux qui n'ont pu s'échapper ont été brûlés vifs. »

M. Garba estime que les miliciens ont tué une quarantaine d'étudiants au cours de l'attaque menée en pleine nuit. Il précise que les assaillants ont lancé leur attaque contre le collège fédéral de Buni Yadi gouvernement fédéral à 2 h 00 dans la nuit de lundi à mardi.

L'école est située à 70 km au sud de la capitale de l'État du Yobe, Damaturu. Les communications sont difficiles entre la capitale et Buni Yadi puisque des extrémistes ont détruit les tours de relais satellite pour les téléphones cellulaires l'an dernier.

Les autorités sont incapables d'émettre un bilan exact des victimes, car des soldats continuent de fouiller les décombres à la recherche de cadavres, a indiqué le porte-parole de l'armée nigériane, le capitaine Eli Lazarus.

Les victimes de Buni Yabi portent le total de personnes tuées attribuées aux attaques de Boko Haram à quelque 300 au cours du dernier mois.

Le nom du groupe islamiste, Boko Haram, signifie : « l'éducation occidentale est interdite ». Les terroristes ont ainsi attaqué de nombreuses écoles du nord du Nigeria depuis le début de l'insurrection en 2009. Une attaque contre un collège d'enseignement agricole avait fait 40 morts en septembre dernier à Gujba, dans l'État de Yobe.

Classée parmi les organisations terroristes par le Nigeria et les États-Unis, Boko Haram soutient combattre dans le but de former un État islamique dans le nord du pays où vit une population à majorité musulmane.

Le président Goodluck Jonathan a indiqué que les attaques de Boko Haram étaient inquiétantes, mais que les Nigérians « passeraient au travers ».

Des milliers de Nigérians ont perdu des membres de leur famille, des maisons, des entreprises et des quartiers en raison de la rébellion qui sévit depuis 4 ans.

La colère gronde au sein des autorités locales qui estiment que l'armée nigériane est en voie de perdre la guerre contre les milices islamistes qui sévissent dans le nord-est de l'Afrique.

Le président Jonathan a déclaré l'État d'urgence dans la région et lancé une offensive en mai dernier afin de neutraliser les insurgés. La manœuvre a non seulement échouée, mais elle a entraîné des représailles contre la population civile.Il a également défendu l'action militaire de son gouvernement en précisant qu'il travaillait en collaboration avec le Cameroun pour empêcher les milices d'utiliser le territoire camerounais comme base de repli.

Les terroristes occupent principalement la région des collines de Gwoza d'où ils lancent leurs attaques contre les civils favorables au gouvernement. Ils ont également commencé à enlever de nombreuses jeunes filles, une stratégie qui rappelle les méthodes de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui a sévi par le passé en Ouganda.

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