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L'Afrique du Sud réagit a minima après la loi anti-homosexuels en Ouganda

25/02/2014 10:30 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

L'Afrique du Sud, pays phare pour les droits des homosexuels, a réagi a minima mardi à la promulgation en Ouganda d'une loi répressive, indiquant vouloir demander des éclaircissements à "plusieurs capitales de par le monde" sans mentionner explicitement l'Ouganda.

"L'Afrique du Sud a pris note des récents développements concernant la situation des lesbiennes, gays, bisexuels, transsexuels et intersexuels (LGBTI) dans le monde" et "le ministère des Affaires étrangères entend demander, par les voies diplomatiques existantes, des éclaircissements de plusieurs capitales de par le monde", a indiqué l'agence gouvernementale SA News.

"L'Afrique du Sud croit que personne ne doit être sujet à la discrimination ou à la violence sur aucun fondement que ce soit, y compris sur la base de l'orientation sexuelle", a souligné un porte-parole du ministère, Clayson Monyela.

Le quotidien sud-africain The Times titrait mardi matin sur "le silence assourdissant" de l'Afrique du Sud, après l'entrée en vigueur de la loi prévoyant la réclusion à perpétuité pour les homosexuels en Ouganda.

Début février, la commission sud-africaine des droits de l'Homme (SAHRC) avait déploré que Pretoria ait "raté l'occasion de soulever (la question) lors du sommet de l'Union africaine". La SAHRC avait invité le gouvernement sud-africain à "faire plus pour discuter avec les pays africains tentés de légiférer contre les droits de l'Homme et les libertés fondamentales dont les droits des homosexuels, pour qu'ils renoncent à leurs projets".

Cette autorité publique indépendante regrettait notamment que Pretoria n'ait rien dit pour presser le Nigeria de réviser sa toute nouvelle législation homophobe, qui a déjà conduit à des dizaines d'arrestations.

L'Afrique du Sud n'est pas exempte de violences contre les homosexuels, notamment dans les townships noirs, mais la Constitution de 1996 les place sur un pied d'égalité pour le mariage, l'adoption et le recours à une mère porteuse.

La loi sud-africaine, en rupture avec le régime répressif d'apartheid qui interdisait l'homosexualité et les relations entre personnes de couleur de peau différentes, est une exception sur le continent.

Elle se distingue aussi par rapport à beaucoup d'autres pays du monde, hors d'Afrique.

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