NOUVELLES

Égypte : un homme du régime Moubarak nommé premier ministre

25/02/2014 01:45 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Ibrahim Mahlab, un membre du parti de l'ex-président égyptien renversé par les révoltes populaires du printemps 2011, Hosni Moubarak, a été nommé mardi nouveau premier ministre du pays. Cette annonce survient le lendemain de la démission du gouvernement mis en place par l'armée en juillet.

M. Mahlab, qui était ministre de l'Habitat dans le denier gouvernement, sera en place jusqu'à la prochaine élection présidentielle, qui est prévue au printemps. Il espère former et présenter d'ici « trois à quatre jours » son gouvernement intérimaire.

Il a déjà énoncé ses priorités pour son mandat : les dossiers économiques et la question de la sécurité. Les attentats contre les forces de l'ordre et la répression ont causé la désertion des touristes du pays arabe le plus peuplé.

Avis partagés

La présence de M. Mahlab au Sénat lors de la présidence Moubarak et son rôle de cadre de son parti, le Parti national démocratique (PND), ont nourri les critiques de ceux qui s'opposent à son choix comme premier ministre.

Le leader de gauche Hamdeen Sabbahi, seul candidat déclaré jusqu'à maintenant pour l'élection présidentielle à venir, dit redouter un retour du pouvoir autoritaire associé à Moubarak, trois ans après que celui-ci eut été chassé du pouvoir par le peuple.

Pour ses partisans, par exemple l'avocat Marmoud El-Megely, il est un homme dynamique et proche du terrain, qui a « enregistré de nombreux succès, notamment au ministère de l'Habitat », même s'il a fait partie du PND.

En plus de son expérience politique, M. Mahlab, ingénieur né en 1949, a dirigé une des plus importantes sociétés de construction égyptiennes, l'entreprise gouvernementale Arab Contractors.

Élections sur fond d'instabilité

Le prochain président de l'Égypte sera le deuxième élu démocratiquement de l'histoire du pays après Mohammed Morsi, évincé par l'armée en juillet. Depuis ce que lui et les Frères musulmans, son organisation politique, qualifient de coup d'État, les forces de l'ordre répriment les manifestations.

Dans les violences, 1400 personnes sont mortes et des milliers d'autres ont été arrêtées, selon Amnesty International. Les journalistes aussi ont été touchés, plusieurs employés de la chaîne Al-Jazeera ayant été emprisonnés.

Bien que seul Hamdeen Sabbahi soit officiellement candidat, l'homme fort du pays, le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, est donné favori, lui qui ne cache pas ses intentions de se présenter. 

Lundi, le gouvernement sortant de Hazem Al-Beblawi avait annoncé sa démission sur fond de grèves dans plusieurs secteurs professionnels et d'attentats répétés.

PLUS:rc