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GB/Syrie: arrestation d'un ex-détenu de Guantanamo soupçonné de "terrorisme"

25/02/2014 07:56 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Un ancien détenu de Guantanamo et trois autres personnes ont été arrêtés mardi au Royaume-Uni, soupçonnés de "délits de terrorisme liés à la Syrie", a annoncé la police.

Moazzam Begg, un Britannique âgé de 45 ans, a été interpellé pour avoir "participé à un camp d'entraînement terroriste et avoir facilité le terrorisme à l'étranger", selon la police.

A la mi-février, Begg, qui reconnaît avoir brièvement combattu en Bosnie dans les années 90, a écrit sur un blog qu'il s'était rendu à deux reprises en Syrie en 2012 pour enquêter sur des actes présumés de torture commis par le régime du présideent Bachar al-Assad sur des personnes extradées des Etats-Unis et de Grande-Bretagne.

Revenu en Grande-Bretagne, il dit avoir rencontré des agents du MI5 pour évoquer les risques de radicalisation des jihadistes britanniques partis combattre en Syrie et la menace qu'ils pouvaient représenter à leur retour au Royaume-Uni.

Il a également indiqué sur ce blog que les autorités britanniques lui avaient récemment confisqué son passeport au retour d'un voyage en Afrique du Sud.

Résidant en Afghanistan en 2001 avec sa femme et ses trois enfants, Begg avait passé trois ans en détention. Il avait été arrêté en 2002 au Pakistan où il avait trouvé refuge à la suite de l'intervention militaire américaine contre le régime des talibans.

Accusé d'appartenir à la nébuleuse Al-Qaïda, il a été détenu près d'un an dans la prison de Bagram en Afghanistan, où il dit avoir été battu, et deux autres dans le camp américain de Guantanamo, avant d'être libéré en 2005, sans qu'aucune accusation ne soit retenue contre lui.

De retour en Grande-Bretagne, où il est né, il s'est fait le porte-parole des victimes de la "guerre contre le terrorisme".

Dans un communiqué publié mardi, l'organisation Cage s'est déclarée "outrée" de l'arrestation de son leader, nouvel épisode d'une "campagne de harcèlement concertée contre les personnes et organisations musulmanes voulant apporter une aide humanitaire aux victimes de la crise syrienne".

En communiquant le nom de Moazzam Begg avant même son éventuelle inculpation, les forces de sécurité britanniques ont fait une exception à la règle. "Nous confirmons son nom en anticipation de l'intérêt des médias. Il s'agit d'une arrestation, pas d'une inculpation, et donner son identité n'implique pas qu'il soit coupable", a expliqué une porte-parole de la police.

Un autre homme de 26 ans, une femme de 44 ans et son fils de 20 ans, dont les nationalités n'ont pas été précisées, ont aussi été arrêtés mardi pour "avoir facilité le terrorisme à l'étranger".

Ces arrestations, effectuées dans la région de Birmingham, dans le centre de l'Angleterre, sont toutes liées à la Syrie, a précisé la police.

Les quatre individus étaient entendus mardi, tandis que l'unité antiterroriste de la police régionale procédait à des perquisitions à leur domicile respectif.

Selon les dernières estimations officielles, quelque 400 personnes basées au Royaume-Uni se sont rendues ces deux dernières années en Syrie pour combattre, et environ la moitié d'entre elles sont rentrées depuis.

A la mi-février, le secrétaire d'Etat britannique à l'Immigration et la Sécurité, James Brokenshire, avait estimé que ces individus représentaient un "gros problème de sécurité" pour le Royaume-Uni.

Pour le seul mois de janvier, 16 personnes soupçonnées de délits terroristes liés à la Syrie ont été arrêtées au Royaume-Uni, contre 24 pour l'ensemble de l'année 2013.

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