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Corruption au Malawi: 30 millions de dollars évaporés en six mois selon un audit

25/02/2014 02:56 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Trente millions de dollars: c'est l'ampleur des sommes détournées dans les finances publiques du Malawi en seulement six mois, révélée lundi soir par un audit très attendu sur le scandale de corruption qui secoue le pays avant les élections générales.

Quelque 6,1 milliards de kwachas (15 millions de dollars) se sont évaporés entre le 1er avril et le 30 septembre 2013 directement à cause de malversations, a précisé le ministre des Finances Maxwell Mkwezalamba, d'après les premiers résultats de l'audit lancé mi-janvier.

"Le reste de l'argent a disparu en virements non étayés, mauvais approvisionnement et surfacturations", a précisé cet ancien économiste de la Banque mondiale, nommé en octobre après le limogeage de son prédécesseur.

L'audit du cabinet britannique Baker Tilly doit contribuer à restaurer la confiance des bailleurs de fonds étrangers mais aussi celle des électeurs avant les élections présidentielle et législatives du 20 mai.

"Comme l'investigation se poursuit, ces chiffres sont susceptibles d'augmenter car plusieurs dossiers sont examinés", précise le rapport d'audit, consulté par l'AFP.

"Nous encourageons les donateurs internationaux à continuer à soutenir cette supervision et l'enquête en cours afin d'obtenir des condamnations, et si possible, des réparations", ajoute le rapport.

"Des manques de contrôle significatifs et un défaut d'application des contrôles existants sont les facteurs clés ayant contribué à ces échecs, et au vol et à l'appropriation frauduleuse des fonds", analyse le cabinet. "Un certain nombre des auteurs suspectés (de la fraude) ont exploité les faiblesses du système grâce à leur collusion".

Le gouvernement "ne veut pas que cela se répète", a certifié M. Mkwezalamba. "Nous voulons un nettoyage et un grand coup de balai pour faire table rase".

Le premier des procès pour cette affaire sans précédent a débuté fin janvier. Le scandale a éclaté en octobre 2013, entraînant la suspension de 150 millions de dollars d'aide extérieure.

Le Fonds monétaire international a cependant approuvé en janvier une ligne de crédit de 20 millions de dollars, satisfait des réformes de la présidente Joyce Banda.

Mais celle-ci est en posture difficile pour les élections. Elle a dû remercier en octobre quatre ministres dont ceux des Finances et de la Justice. Ce dernier a été même arrêté en lien avec l'enquête sur la tentative d'assassinat d'un haut fonctionnaire anti-corruption.

Des ténors de son parti sont soupçonnés dans le scandale mais le gouvernement blâme le système de paiement mis en place par la précédente administration du président Bingu wa Mutharika, décédé en avril 2012.

fm/clr/de

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