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Corées: Séoul veut relancer les efforts en vue d'une réunification

25/02/2014 03:27 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

La Corée du Sud veut imprimer un nouvel élan au projet de réunification avec le Nord à la faveur du climat de détente prévalant sur la péninsule malgré des exercices militaires américano-sud-coréens qui irritent Pyongyang.

Dans une allocution télévisée marquant le premier anniversaire de son mandat, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a annoncé la création d'un comité placé sous son autorité et chargé d'élaborer des "stratégies systématiques et constructives" à cette fin.

Ce comité d'experts multidisciplinaire devra oeuvrer à promouvoir le dialogue et les échanges intercoréens avec la réunification en point de mire. Séoul et Pyongyang n'ont toujours pas traduit l'armistice de 1953 par un traité de paix.

"Il est nécessaire de préparer la réunification, qui ouvrira une nouvelle ère sur la péninsule", a déclaré Mme Park, ajoutant que la fin de la partition serait bénéfique pour tout le monde grâce à la combinaison du savoir-faire au Sud et des ressources naturelles au Nord.

La réunification est de longue date un objectif solennel de part et d'autre de la frontière, mais l'opinion est de plus en plus réticente au Sud face au fossé économique séparant les deux pays.

La Corée du Sud est la 4e économie asiatique et son PIB représente 40 fois celui de la Corée du Nord.

Pour les experts, en instituant un comité ad hoc alors qu'un ministère est déjà en charge des objectifs de réunification, la présidente Park espère "réveiller l'intérêt faiblissant de l'opinion" pour cet horizon encore lointain.

"Si la réunification coréenne advient, ce ne sera qu'au terme d'un longue et difficile chemin", prévenait récemment Aidan Foster-Carter, spécialiste de la Corée à l'université de Leeds, dans une interview récente au Wall Street Journal.

- Incursion dans les eaux sud-coréennes -

Témoignant de cette apparente volonté d'apaisement, de rarissimes réunions de familles séparées par la guerre il y a plus de six décennies se sont conclues mardi.

Plus de 350 Sud-Coréens sont repartis dans leur pays après avoir retrouvé pour quelques heures --et souvent pour la dernière fois compte tenu de leur grand âge-- 88 proches nord-coréens.

Egalement organisée dans la station de montagne de Kumgang, en territoire nord-coréen, une précédente réunion avait rassemblé des dizaines de personnes entre jeudi et samedi.

Les premières éditions ont eu lieu en 1985 avant d'être suspendues pendant 15 ans. Elles ont été de nouveau interrompues en 2010 après le bombardement par la Corée du Nord d'une île sud-coréenne.

Dirigé depuis la fin 2011 par le jeune Kim Jong-Un, lequel succède à son père Kim Jong-Il et son grand-père Kim Il-Sung, le régime nord-coréen s'était brutalement raidi un an plus tard.

Pyongyang avait successivement effectué un tir expérimental de fusée et un essai nucléaire, fermé un site industriel intercoréen et poursuivi le développement de son principal site d'essai atomique.

Considéré par Séoul et les Occidentaux comme un essai de missile balistique de portée suffisante pour atteindre le territoire américain, le tir de fusée avait valu à Pyongyang de nouvelles sanctions votées au Conseil de sécurité des Nations unies, y compris par son allié chinois.

Depuis, la Corée du Nord a rouvert le site industriel de Kaesong et a accepté la reprise des réunions de familles.

Surtout, le régime cherche à relancer les négociations à Six (les deux Corées, la Russie, le Japon, la Chine et les Etats-Unis) sur l'octroi d'une aide économique internationale en échange d'un arrêt de son programme nucléaire.

L'examen de l'histoire intercoréenne depuis 60 ans incite cependant à la prudence: le ministère sud-coréen de la Défense a fait savoir mardi qu'un patrouilleur nord-coréen avait à plusieurs reprises violé la frontière maritime intercoréenne au cours des dernières heures.

Pour Séoul, il s'agit de tester "l'état de préparation militaire" de la Corée du Sud au moment où débutent les manoeuvres militaires annuelles entre les armées américaines et sud-coréennes, dénoncées par le Nord qui y voit un entraînement à son invasion.

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