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Centrafrique: l'opération militaire française en dix dates

25/02/2014 11:36 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Rappel des événements en Centrafrique depuis le lancement le 5 décembre de l'opération "Sangaris" par la France (2.000 hommes aujourd'hui), officiellement en appui à une force africaine, la Misca (6.000 militaires).

Le cycle des tueries a été déclenché par des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka, dirigée par Michel Djotodia, qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense majoritairement chrétiennes, les anti-balaka, se sont formées. Elles ont attaqué des civils musulmans, à Bangui notamment, entraînant l'exode depuis décembre de dizaines de milliers d'entre eux. Lynchages et pillages se poursuivent.

--DECEMBRE 2013--

- 5: L'armée française lance l'opération "Sangaris" pour restaurer la sécurité, après un vote de l'ONU donnant mandat aux forces françaises d'intervenir.

Le matin, des anti-balaka (anti-machettes) infiltrées dans Bangui avaient lancé une attaque, entraînant des représailles des combattants Séléka contre les chrétiens.

- 7: Paris annonce que ses soldats ont désormais pour mission prioritaire de mettre fin aux massacres et de "désarmer toutes les milices et groupes armés qui terrorisent les populations". Deux jours plus tard, les troupes françaises entreprennent un vaste désarmement, à commencer par celui des ex-rebelles, mais l'opération s'accompagne de représailles chrétiennes contre les communautés musulmanes.

- 10: Brève visite du président français François Hollande à Bangui, où il rencontre les autorités de transition et rend hommage aux deux soldats français tués la veille. Un 3e soldat est décédé dans un accident de la circulation le 23 février. Une vingtaine de militaires de la Misca ont été aussi tués.

--JANVIER 2014--

- 10: Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses, démissionne sous la pression des dirigeants d'Afrique centrale.

- 20: La maire de Bangui, Catherine Samba-Panza, est élue présidente de transition par le Parlement. Elle lance aussitôt un "appel vibrant" à déposer les armes.

- 27-28: A Bangui, les deux principaux camps de cantonnement d'ex-rebelles Séléka sont évacués et les combattants regroupés à la sortie nord de la ville. Mais de nombreux ex-rebelles vont fuir la capitale avant de se replier en province, largement hors de contrôle.

L'ONU donne son feu vert à l'engagement d'une force européenne de 500 soldats. Jusqu'à un millier de militaires européens pourraient en fait être déployés.

--FEVRIER--

- 10: Les anti-balaka, accusés de multiples exactions contre les populations musulmanes, sont "devenus les principaux ennemis de la paix" (commandant de "Sangaris").

- 12: Catherine Samba Panza affirme vouloir "aller en guerre" contre les milices anti-balaka.

La veille, le ministre français de la Défense Jean-Yves le Drian avait appelé les forces internationales à mettre fin aux exactions des milices "si besoin par la force".

- 16 fév: Les forces internationales lancent une vaste opération de désarmement des anti-balaka, interpellant certains de leurs chefs.

- 25: La Croix-Rouge centrafricaine annonce avoir ramassé la veille à Bangui neuf corps, des musulmans et des chrétiens tués par balles ou à coups de machettes, portant à 1.240 le nombre de tués découverts dans la capitale depuis décembre.

A Paris, le Parlement doit voter une prolongation de "Sangaris".

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