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Bruxelles doute d'un scénario de déflation en Europe

25/02/2014 07:56 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Le risque de voir l'Europe basculer dans la déflation est "marginal", a estimé mardi la Commission européenne en publiant ses nouvelles prévisions économiques où elle table sur une inflation peu élevée, de 1,0% cette année et de 1,3% l'an prochain.

"Etant donné le renforcement progressif de la reprise et le regain de confiance, il n'existe qu'une probabilité marginale de chocs assez importants pour invalider les prévisions d'inflation et faire entrer l'UE en déflation", note la Commission européenne.

Malgré ce constat rassurant, elle rappelle qu'une "inflation très faible sur une période prolongée dans la zone euro entraînerait des risques pour le rééquilibrage de l'économie".

L'inflation au sein de l'UE et de la zone euro est depuis des mois bien en-dessous de l'objectif fixé par la Banque centrale européenne (BCE), dont le mandat est de maintenir une inflation proche, mais inférieure à 2% à moyen terme.

La position de la Commission est relativement conforme à celle du président de la BCE, Mario Draghi, qui avait récusé en février le scénario d'une Europe tombant en déflation, juste après être sortie de récession. "Il n'y a pas de déflation en zone euro", avait-il assuré.

Mais il avait admis que "le fait d'avoir une inflation basse pendant une période prolongée constitue un risque en lui-même" et nécessite un "contrôle étroit".

Lors de sa réunion mensuelle, la BCE avait maintenu le statu quo sur ses taux et ses autres mesures de soutien à l'économie de la zone euro, misant sur la poursuite de la reprise pour contrecarrer la faiblesse de l'inflation.

Les décisions qu'elle prendra lors de sa prochaine réunion le 6 mars seront scrutées avec attention. A cette occasion, l'institut monétaire publiera ses prévisions de croissance et d'inflation pour 2014 et 2015, mais aussi pour 2016, qui seront tout particulièrement surveillées.

La Grèce est confrontée à la déflation depuis un an, selon les estimations de la Commission européenne. Les prix à la consommation ont reculé de 0,9% en 2013. Cette année, ils devraient encore se replier de 0,6% avant d'augmenter modestement de 0,2% en 2015.

Moins spectaculaire que l'inflation galopante, la déflation est tout aussi dangereuse, car elle crée un cercle vicieux: baisse des prix, puis baisse de la consommation, des investissements et finalement, retombées sur les salaires et l'emploi.

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a récemment mis en garde contre "des risques croissants de déflation qui pourraient être désastreux pour la reprise", affirmant que cet "ogre doit être combattu".

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