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Al-Qaïda fixe un ultimatum de 5 jours à ses rivaux jihadistes

25/02/2014 08:48 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

La branche d'Al-Qaïda en Syrie, le Front al-Nosra, a fixé mardi un ultimatum de cinq jours à ses rivaux jihadistes pour régler leur conflit devant un tribunal religieux et mettre fin à deux mois de conflit sanglant.

La sommation a été adressée à l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), le groupe rebelle le plus radical en Syrie, deux jours après la mort du commandant d'une brigade islamiste, Abou Khaled al-Souri, qui était un ami du chef d'Al-Qaïda Aymane al-Zawahari.

Les insurgés accusent l'EIIL de l'avoir tué et le chef d'Al-Nosra, Abou Mohammad al-Jolani, a annoncé qu'ils combattraient ce groupe en Syrie et même en Irak s'il refusait l'arbitrage religieux.

Si Al-Nosra et l'EIIL sont tous deux issus de la branche d'Al-Qaïda en Irak, leurs relations se sont détériorées ces dernières semaines et des combats ont fait rage entre les rebelles, dont ceux d'Al-Qaïda, et les combattants de l'EIIL.

Ce groupe, né en Irak après l'invasion du pays par une coalition conduite par les États-Unis en 2003, est haï par le reste de la rébellion en Syrie à cause de sa volonté d'hégémonie et de la brutalité de ses méthodes à l'encontre des civils.

Les autres groupes rebelles désirent également que l'EIIL se soumette à l'arbitrage de cette cour religieuse.

"Nous attendons une réponse de votre part dans les cinq jours après la mise en ligne de cet enregistrement. En cas de refus, des centaines de membres de l'Oumma (nation musulmane) combattront (votre) idéologie ignorante et agressive, même en Irak" affirme Abou Mohammad al-Jolani.

L'EIIL est apparu pour la première fois en Syrie à la fin du printemps 2013.

Début janvier, les rebelles coalisés lui ont déclaré la guerre, lui reprochant ses abus et son refus de coopérer avec les autres groupes combattant le président Bachar al-Assad.

Après avoir adopté dans un premier temps une attitude de neutralité, le Front al-Nosra s'est aussi engagé dans cette offensive contre l'EILL dans la province pétrolière de Deir Ezzor, une zone stratégique car lieu de transit d'armes et de combattants venus d'Irak.

Les relations ont empiré entre les deux groupes jihadistes avec la mort dimanche lors d'une attaque suicide d'Abou Khaled al-Souri, un important chef du groupe rebelle Ahrar al-Cham. Les rebelles ont aussitôt accusé l'EIIL de sa mort.

Il y a plusieurs mois, Aymane al-Zawahiri avait demandé en vain à l'EIIL de cantonner son territoire à l'Irak.

Et début février, le commandement d'Al-Qaïda avait scellé la rupture, en désavouant clairement ce groupe.

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