NOUVELLES

États-Unis : 20 ans d'attente pour des victimes de viol

24/02/2014 12:17 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Des centaines de milliers de trousses de prélèvements dans les cas de viol n'ont jamais été analysées aux États-Unis et plusieurs États ont récemment présenté des projets de loi afin de remédier à cette situation qui dure depuis des années, voire des décennies.

À Memphis, au Tennessee, plus de 12 000 trousses, dont certaines remontent aux années 1980, attendent d'être analysées, selon le Rape Kit Action Project, un groupe basé à New York qui répertorie les délais dans le traitement de ces cas partout à travers le pays. Au Texas, environ 16 000 trousses ramassent la poussière dans les bureaux des différents corps policiers.

Le Tennessee fait partie des 17 États à avoir proposé diverses solutions pour régler le problème, dont obliger les forces de l'ordre à dresser l'inventaire de leurs trousses ou à les analyser dans une période de temps donné. Trois États, soit le Colorado, l'Illinois et le Texas, ont adopté des lois exigeant un recensement des trousses non traitées sur l'ensemble de leur territoire.

La porte-parole de Rape Kit Action Project, Natasha Alexenko, estime qu'il y a environ 400 000 trousses de prélèvements dans les cas de viol aux États-Unis qui n'ont jamais été analysées.

« Tant que nous ne promulguerons pas de lois pour les compter, nous ne connaîtrons pas leur nombre exact », affirme Mme Alexenko, qui a elle-même été violée et a dû patienter 10 ans avant que sa trousse ne soit testée et son assaillant arrêté.

Un coupable, longtemps après

Meaghan Ybos, qui a aussi été victime d'un viol, milite depuis des années en faveur d'une nouvelle législation qui mettrait fin aux retards dans le traitement des trousses. La jeune femme de 27 ans n'avait que 16 ans lorsqu'elle a été agressée sexuellement chez elle en 2003. Elle a subi un examen médical, mais n'a jamais eu de nouvelles à ce sujet par la suite.

En 2012, elle a appris en regardant le bulletin d'informations à la télévision que la police avait appréhendé un présumé violeur en série dans le quartier où elle résidait auparavant.

« Je savais que c'était la même personne », se rappelle Mme Ybos, qui a téléphoné aux autorités, leur a raconté son histoire et les a convaincues de rouvrir son dossier. Sa trousse a fini par être analysée, ce qui a permis de découvrir que l'ADN de son violeur correspondait à celui du suspect arrêté.

L'homme a plaidé coupable dans le cas de Meaghan Ybos, mais celle-ci soutient qu'elle n'aurait pas dû attendre aussi longtemps pour obtenir justice.

L'an dernier, le Congrès américain a officiellement reconnu le problème en adoptant le Sexual Assault Forensic Evidence Registry Act, qui prévoit la cueillette de données au sujet des cas de viols non résolus dont les trousses n'ont pas encore été traitées et l'établissement de meilleures normes pour le suivi, le stockage et l'utilisation de l'ADN dans les dossiers d'agressions sexuelles.

Le gouvernement fédéral des États-Unis a également décidé de fournir du financement pour couvrir une partie des coûts d'analyse, qui s'élèvent à 500 $ par trousse.

PLUS:rc