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Prostitution forcée pendant la guerre: le Japon pourrait réexaminer ses excuses de 1993

24/02/2014 02:59 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Le Japon envisage de réexaminer ses excuses officielles de 1993 pour la prostitution forcée d'Asiatiques par l'armée nippone pendant la dernière guerre, a annoncé lundi un haut responsable gouvernemental dans un climat déjà délétère entre Tokyo et ses voisins.

Le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga, a expliqué que les autorités allaient se pencher sur les témoignages de 16 Coréennes, d'anciennes "femmes de réconfort", qui avaient dû se prostituer pour les soldats japonais. Leur déposition avait servi de base aux excuses du Japon.

"Les témoignages des femmes de réconfort avaient été fournis en échange de la promesse qu'ils ne seraient pas publiés. Le gouvernement va étudier la possibilité d'un réexamen (de ces déclarations) tout en préservant" l'anonymat de ces femmes, a expliqué M. Suga.

En 1993, le secrétaire-général du gouvernement de l'époque, Yohei Kono, avait, sur la base de ces récits, exprimé "les excuses sincères et les remords" des autorités japonaises pour leur complicité dans la prostitution forcée d'Asiatiques pendant la Seconde guerre mondiale.

La fonction de secrétaire-général du gouvernement est très élevée au Japon où son titulaire est habituellement considéré comme le numéro deux du Premier ministre.

D'après la plupart des historiens, jusqu'à 200.000 femmes ont servi dans les bordels de l'armée impériale à l'époque, notamment des Coréennes mais aussi des Chinoises, des Indonésiennes, des Philippines et des Taïwanaises.

Depuis la présentation de ces excuses officielles toutefois, les régulières déclarations ambigües de hauts responsables de la droite japonaise entretiennent en Corée du Sud le sentiment que ces regrets ne sont pas sincères.

Ce sujet qui empoisonne les relations de Tokyo avec Séoul a refait surface le mois dernier lorsque le nouveau président du groupe public japonais de radio/télévision NHK a déclaré que la prostitution forcée des femmes était "fréquente dans tous les pays en guerre", laissant penser qu'il voulait ainsi atténuer la responsabilité du Japon.

D'après un sondage publié ce week-end par le quotidien conservateur Sankei Shimbun et la télévision Fuji TV, quelque 59% des Nippons seraient favorables à une révision des excuses du Japon.

La semaine dernière, l'ex secrétaire-général adjoint du gouvernement Nobuo Ishihara, qui avait joué un rôle clé dans la rédaction de la "déclaration Kono" de 1993, a expliqué que les autorités n'avaient pas cherché à l'époque à vérifier les dires des témoins coréennes.

Il a ajouté que l'objectif de cette déclaration avait été de solder le passé pour améliorer les relations avec la Corée du Sud.

"Il est vraiment dommage que la bonne volonté du gouvernement japonais n'ait pas fait avancer les choses", a-t-il souligné. De nombreux Japonais reprochent en effet aux Sud-Coréens d'agiter le chiffon rouge de ce dossier historique à chaque fois qu'ils connaissent un désaccord sur quelque sujet que ce soit.

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