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Philippines: un chef rebelle musulman arrêté en pleins pourparlers de paix

24/02/2014 04:50 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Les forces de sécurité philippines ont arrêté un haut responsable de la guérilla islamique au moment même où le gouvernement espère conclure d'épineux pourparlers de paix après des décennies de violences, a-t-on appris lundi de source officielle.

Qualifié par l'armée de "cible prioritaire", Wahid Tundok appartient à la direction du Front Moro islamique de libération (MILF), le principal mouvement insurrectionnel musulman de l'archipel philippin.

Il a été arrêté dimanche avec ses gardes du corps à un barrage conjoint de l'armée et de la police près de la ville de Cotabato, sur l'île de Mindanao (sud), a annoncé le chef de la police régionale, Jovit Culaway.

Tundok était recherché dans le cadre de diverses enquêtes criminelles, selon les autorités. Mais les représentants du MILF aux pourparlers de paix affirment qu'il y participait activement et qu'il bénéficiait à ce titre d'une immunité.

Selon la police, des armes de gros calibre ont été saisies lors de l'arrestation du chef insurgé, transféré dans une base militaire.

Le chef politique du MILF, Ghazali Jaafar, a protesté et demandé sa libération immédiate.

La conseillère du président philippin Benigno Aquino pour les pourparlers de paix, Teresita Deles, a regretté l'arrestation dans "une phase sensible" des négociations, à quelques semaines de la possible signature d'un accord de paix.

La libération de Wahid Tundok "est en cours de négociation avec nos forces de sécurité", a-t-elle affirmé.

Selon une source proche des négociations, Wahid Tundok et ses hommes ont aidé l'armée à traquer les Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro (BIFF), une fraction dissidente responsables d'attaques destinées à faire dérailler le processus de paix.

Manille et le MILF ont conclu leurs négociations fin janvier. Selon Mme Deles, un accord pourrait être signé dès la mi-mars, qui mettrait fin à une insurrection ayant fait 150.000 morts depuis 1970.

L'accord prévoit la création d'une zone autonome élargie, le partage des revenus des ressources minières entre l'Etat et les rebelles ainsi que, à terme, le désarmement des rebelles.

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