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L'Ukraine réclame de l'aide, Ianoukovitch recherché pour "meurtres de masse"

24/02/2014 06:39 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Les nouvelles autorités ukrainiennes ont lancé un mandat d'arrêt pour "meurtres de masse" contre le président déchu Viktor Ianoukovitch et réclamé 35 milliards de dollars d'aide, alors que la chef de la diplomatie européenne est arrivée lundi à Kiev.

"Une enquête criminelle a été ouverte pour meurtre de masse de civils à l'encontre de Ianoukovitch et de plusieurs autres fonctionnaires. Un mandat d'arrêt a été lancé contre eux", a annoncé lundi le ministre de l'Intérieur par intérim Arsen Avakov sur son compte Facebook.

Destitué samedi par le Parlement, M. Ianoukovitch n'a pas donné signe de vie depuis et pourrait se cacher dans l'est du pays. Les violences au centre de Kiev ont fait 82 morts la semaine dernière.

Parallèlement, la Russie a menacé lundi d'augmenter les droits de douane sur les importations en provenance d'Ukraine si Kiev se rapproche de l'Union européenne.

"Nous disons à l'Ukraine: bien sûr vous avez le droit de choisir votre voie", a déclaré le ministre russe de l'Economie Alexeï Oulioukaev au sujet de l'accord d'association envisagé par Kiev avec l'UE.

"Mais dans ce cas, nous nous verrons dans l'obligation d'augmenter les droits de douane à l'importation", a-t-il ajouté, justifiant une telle mesure par la crainte que l'Ukraine devienne une porte d'entrée vers la Russie pour les produits européens qui envahiraient le marché, selon lui.

Alors que la haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est arrivée à Kiev en début d'après-midi, le ministre des Finances par intérim Iouri Kolobov a annoncé que "l'aide macroéconomique dont a besoin l'Ukraine peut atteindre 35 milliards de dollars en 2014-2015".

"Nous avons proposé à nos partenaires occidentaux d'organiser une grande conférence internationale de donateurs", selon un communiqué.

L'Union européenne se tient prête à aider l'Ukraine à honorer ses engagements financiers et à négocier son tournant politique, avait auparavant indiqué lundi le ministre britannique des Finances, George Osborne.

"Nous devons être prêts à apporter une assistance financière via des organisations comme le Fonds monétaire international", avait-il déclaré, précisant que l'essentiel de cet apport prendrait la forme de prêts.

Les Occidentaux ne cachent pas leurs craintes pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine après la crise de la semaine dernière.

- Remettre le pays en marche -

"Ces trois dernières années, l'Ukraine a fonctionné grâce à des emprunts. Aucun gouvernement en Ukraine n'a jamais travaillé dans des conditions aussi extrêmes", a lancé le président par intérim Olexandre Tourtchinov lors d'une réunion avec d'autres responsables au Parlement.

"La plupart des fonctionnaire ont quitté leur poste. Les caisses sont vides, nous n'avons pas d'argent pour honorer nos dettes", a-t-il ajouté.

"Depuis son indépendance, l'Ukraine n'a jamais connu une telle catastrophe économique et politique", a renchéri l'un des leaders de contestation Arseni Iatseniouk.

"Nous avons besoin d'une aide financière urgente de la part de nos partenaires européens et il faut reprendre immédiatement le programme de coopération avec le FMI", a-t-il ajouté.

L'ex-opposition, désormais aux manettes, s'est rapidement mise au travail ce week-end pour remettre le pays en état de marche.

Une élection présidentielle anticipée a été fixée au 25 mai.

"A partir de demain, les Ukrainiens peuvent présenter leur candidature à l'élection présidentielle", soit 90 jours avant la date prévue, conformément à la loi ukrainienne, a dit M. Tourtchinov.

"J'espère que d'ici demain pourrons vous dire des choses concrètes sur la formation d'un gouvernement" intérimaire, a-t-il ajouté.

- Pas de signe de sécession -

La Russie a décidé tard dimanche de rappeler à Moscou son ambassadeur en Ukraine pour des consultations "en raison de l'escalade de la situation", a indiqué le ministère russe.

Toujours sur le front diplomatique, les ministres des Affaires étrangères des pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), rejoints par des représentants de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Grèce, doivent se réunir lundi pour discuter de la situation en Ukraine.

La communauté internationale redoute que la crise des derniers mois n'ait encore creusé le fossé entre l'Est russophone et russophile, majoritaire, et l'Ouest nationaliste et ukrainophone. Sur le terrain cependant, les régions plus proches de Moscou ne donnent pas signe de vouloir faire sécession.

Quant à Ioulia Timochenko, l'ex-égérie de la Révolution orange tout juste sortie de prison, elle a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. Elle doit rencontrer "très prochainement" la chancelière allemande Angela Merkel. Celle-ci lui a également proposé de venir se soigner en Allemagne.

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