NOUVELLES

L'Ukraine attend un nouveau Premier ministre, Ashton à Kiev

24/02/2014 03:06 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

La haute représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, était attendue lundi à Kiev, où le Parlement s'apprête à nommer un nouveau gouvernement après la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

Mme Ashton, qui doit arriver en début d'après-midi, devrait rencontrer les nouveaux responsables du pays pour discuter des mesures à prendre pour apaiser le climat et stabiliser l'économie. Les Occidentaux ne cachent pas leurs craintes pour l'intégrité territoriale de l'Ukraine après la crise de la semaine dernière.

Le pays se trouve face à des difficultés abyssales, à commencer par un risque de défaut de paiement.

L'Union européenne se tient prête à l'aider l'Ukraine à honorer ses engagements financiers et à négocier son tournant politique, a indiqué lundi le ministre britannique des Finances, George Osborne.

"Nous devons être prêts à apporter une assistance financière via des organisations comme le Fonds monétaire international", a-t-il déclaré, précisant que l'essentiel de cet apport prendrait la forme de prêts.

Lundi matin, les habitants de Kiev continuaient de se recueillir devant les autels improvisés dans le centre-ville, marqué par des scènes de guerilla urbaine et de violents affrontements qui ont fait 82 morts la semaine dernière.

Bien que l'Ukraine ait connu cette semaine ses plus violents affrontements, l'ex-opposition s'est rapidement mise au travail pour remettre le pays en état de marche.

- L'Ukraine au bord du précipice -

Dimanche, le Parlement, désormais dominé par les anti-Ianoukovitch, a pris les choses en main et nommé Olexandre Tourtchinov, un proche de l'opposante Ioulia Timochenko, au poste de président par intérim. La nomination d'un gouvernement d'union nationale devrait suivre d'ici à mardi, en attendant la tenue d'une élection présidentielle le 25 mai.

Le nouveau chef de l'Etat n'a pas fait mystère des difficultés qui attendent le pays: "L'Ukraine est en train de glisser dans le précipice, elle est au bord d'un défaut de paiement", a-t-il dit dans une adresse télévisée à la nation. Il a néanmoins réaffirmé que l'intégration européenne était "une priorité" pour l'Ukraine. "Nous sommes prêts à un dialogue avec la Russie, en développant nos relations sur un pied d'égalité (...) et qui respecteront le choix européen de l'Ukraine".

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avait déjà appelé dimanche à envisager une aide économique: "Une Ukraine en faillite serait un poids trop important aussi bien pour son grand voisin de l'est, que pour l'Union européenne".

Les dirigeants occidentaux ont lancé dimanche des appels au respect de "l'unité et l'intégrité territoriale du pays".

La chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Vladimir Poutine sont eux aussi tombés "d'accord sur le fait que l'Ukraine doit se doter rapidement d'un gouvernement en mesure d'agir et que l'intégrité territoriale doit être préservée", a annoncé la chancellerie allemande.

- Pas de signe de sécession -

La nécessité "pour tous les Etats de respecter la souveraineté de l'Ukraine" a également été soulignée par le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, lors d'un entretien téléphonique avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, selon le département d'Etat.

M. Lavrov, pour sa part, a fait observer à M. Kerry que l'opposition ukrainienne n'appliquait pas l'accord du 21 février sur un règlement de la crise, "s'étant de facto emparée du pouvoir en Ukraine, refusant de déposer les armes et continuant à miser sur la violence", selon le ministère russe des Affaires étrangères.

La Russie a décidé tard dimanche de rappeler à Moscou son ambassadeur en Ukraine pour des consultations "en raison de l'escalade de la situation", a indiqué le ministère russe.

Toujours sur le front diplomatique, les ministres des Affaires étrangères des pays de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie), rejoints par des représentants de la Roumanie, de la Bulgarie et de la Grèce, doivent se réunir lundi pour discuter de la situation en Ukraine.

La communauté internationale redoute que la crise des derniers mois n'ait encore creusé le fossé entre l'Est russophone et russophile, majoritaire, et l'Ouest nationaliste et ukrainophone. Sur le terrain cependant, les régions plus proches de Moscou ne donnent pas signe de vouloir faire sécession.

Destitué samedi, M. Ianoukovitch, qui n'a pas donné signe de vie depuis samedi, a été lâché par son propre parti, le Parti des régions: "Viktor Ianoukovitch est "responsable des événements tragiques" des derniers jours.

Des documents potentiellement explosifs détaillant un système de pots-de-vin organisé et une liste de journalistes à surveiller ont par ailleurs été découverts dans la résidence de M. Ianoukovitch en banlieue de Kiev.

Quant à Ioulia Timochenko, l'ex-égérie de la Révolution orange tout juste sortie de prison, elle a fait savoir qu'elle n'était pas intéressée par le poste de Premier ministre. Elle doit rencontrer "très prochainement" la chancelière allemande Angela Merkel. Celle-ci lui a également proposé de venir se soigner en Allemagne.

bur-thm/ahe/jh

PLUS:hp