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L'Ukraine a besoin d'une aide financière "maintenant" (lobby bancaire)

24/02/2014 12:26 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

L'Ukraine a besoin d'une aide financière dès "maintenant" afin d'éviter un effondrement économique du pays et contrer les "risques" de panique bancaire, a estimé lundi le lobby bancaire international (IIF).

"Afin d'éviter un effondrement total non pas dans les prochains mois mais dans les prochaines semaines, l'Ukraine a besoin d'argent maintenant", a déclaré un cadre de l'Institut de la finance internationale, qui représente quelque 450 banques à travers le globe.

"Les caisses de l'Etat sont vides", a souligné Lubomir Mitov, économiste en chef à l'IIF pour les pays émergents en Europe, assurant que les défis économiques dans le pays étaient "gigantesques".

Après des mois de crise politique et la destitution du président Viktor Ianoukovitch, les autorités intérimaires de Kiev ont lancé un appel à la communauté internationale pour obtenir 35 milliards de dollars d'aide sur deux ans et éviter la banqueroute.

Selon l'IIF, les réserves ukrainiennes ont fondu de 16 milliards de dollars fin janvier à 12 milliards de dollars aujourd'hui alors que le pays devra notamment débourser 25 milliards cette année pour payer ses créanciers.

"La situation budgétaire est tellement désespérée que la seule option pour le gouvernement pour payer les retraites et les salaires est de faire tourner la planche à billets" au risque d'accentuer l'inflation et la dépréciation de la monnaie ukrainienne, a ajouté M. Mitov.

L'expert a par ailleurs mis en garde contre les "réels risques" d'une panique bancaire au moment où les retraits de dépôts s'accélèrent dans le pays.

Dans ce contexte, l'Ukraine n'a d'autre choix que d'accepter les conditions posées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international pour accorder leur aide, selon l'Institut.

"Ce sont des réformes très douloureuses", prévient l'IIF, évoquant notamment un doublement des prix du gaz et une réduction du déficit budgétaire de l'ordre de 4,5% du produit intérieur brut (PIB) cette année.

Si ces réformes sont mises en oeuvre, le montant de l'assistance financière accordé à Kiev pourrait être revu à la baisse et atteindre "environ 20 milliards" contre 35 milliards demandés par les autorités, a estimé M. Mitov, ajoutant que 5 milliards supplémentaires devront être alloués au seul secteur bancaire.

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