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L'UE temporise sur l'éventuelle signature d'un accord d'association avec Kiev

24/02/2014 08:00 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a renvoyé lundi l'éventuelle signature d'un accord de rapprochement avec l'Ukraine à la formation d'un gouvernement issu des élections anticipées du 25 mai, et rappelé que toute aide financière était conditionnée à des réformes économiques

"L'accord de commerce et d'investissement que nous avons proposé est toujours sur la table", a rappelé le porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly, dans un point de presse. Il s'est abstenu de prononcer le terme "d'accord d'association" utilisé jusque-là par les dirigeants européens.

Il a exclu toute signature d'un tel accord avant la formation d'un nouveau gouvernement élu en Ukraine.

Le refus du président déchu Viktor Ianoukovitch de signer un tel accord en novembre a précipité le pays dans la crise.

"Nous devons d'abord laisser aller à son terme la période de transition" politique ouverte depuis samedi à Kiev avec la déchéance de M. Ianoukovitch, avant d'en discuter après les élections anticipées du 25 mai "une fois le nouveau gouvernement formé", a-t-il souligné.

"Cela ne veut pas dire que l'actuel gouvernement n'est pas légitime", mais un gouvernement élu est le garant d'un "choix totalement souverain", a-t-il avancé.

M. Bailly a également rappelé qu'un soutien financier et économique européen à l'Ukraine était conditionné à la mise en oeuvre par ce pays de réformes économiques, que le FMI se tient prêt à dicter.

"Nous sommes prêts à aider à condition qu'il y ait des réformes économiques en Ukraine", a-t-il insisté, alors que les nouvelles autorités ukrainiennes ont réclamé 35 milliards de dollars d'aide financière à la communauté internationale pour éviter la banqueroute.

L'UE n'entend pas non plus se précipiter à imposer les sanctions --gel des avoirs et interdiction de visas-- que les 28 ont décidé jeudi d'adopter à l'encontre des responsables ukrainiens des violences meurtrières de la semaine dernière, a indiqué M. Bailly.

"Il n'y a pas d'automaticité, nous pouvons revenir (sur ces décisions) à la lumière de ce qui s'est passé ce week-end", a-t-il souligné, rappelant que les ministres des Affaires étrangères étaient convenus de mettre en oeuvre ces mesures et de constituer la liste des responsables visés "en fonction des évolutions" sur le terrain.

La liste des personnalités visées, comptant une vingtaine de noms, ne devrait en tout état de cause pas être rendue publique avant jeudi, selon un diplomate européen.

Selon un diplomate européen, cette prudence européenne vise à "éviter toute provocation" envers la Russie pour prévenir tout risque de partition de l'Ukraine entre l'Ouest pro-européen et l'Est russophile.

"Les Européens ont demandé à la Russie de ne pas intervenir, la contrepartie est que l'UE s'engage à rester en dehors du jeu", a-t-il affirmé.

"C'est le message" que la représentante de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, qui a entamé lundi une visite de deux jours à Kiev va convoyer à ses interlocuteurs ukrainiens, a-t-il ajouté.

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