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La troïka de retour en Grèce, bilan et besoins du pays passés au crible

24/02/2014 11:25 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

La troïka des créanciers de la Grèce était de retour à Athènes lundi pour reprendre l'un des audits les plus laborieux des comptes et réformes du pays et évoquer ses défis financiers avant une série d'élections.

Le ministère des Finances a indiqué à l'AFP tabler sur une conclusion des discussions "d'ici le 10 mars en raison des remboursements de prêts auxquels le pays va faire face".

Prévue à cette date, la réunion mensuelle des ministres des Finances de la zone euro pourrait ainsi donner son feu vert au déblocage d'une nouvelle tranche de prêts avant des échéances de remboursement importantes en avril puis en mai.

Athènes attend le versement d'environ 8,5 milliards d'euros de la part des pays de la zone euro, sur un total de 10,1 milliards restant dus dans le cadre du second plan d'aide qui s'achève fin 2014.

S'y ajoutent, selon l'agence de presse grecque Ana (semi-officielle), des prêts d'un montant de 3,6 milliards d'euros attendus de la part du FMI.

Les représentants de la troïka (UE-BCE et FMI) avait quitté Athènes le 17 décembre dernier, poursuivant à distance des discussions décrites comme "ardues" par la Grèce.

Ce quatrième audit des comptes et réformes grecs, dans le cadre du second programme d'assistance lancé en mars 2012, a débuté fin septembre. Il aurait dû être bouclé en quelques semaines.

Les divergences s'étaient multipliées au fil des mois entre la troïka et l'exécutif grec. Le gouvernement de coalition conservateurs-Pasok d'Antonis Samaras a trouvé vis-à-vis de ses créanciers une assurance nouvelle après la réalisation en 2013, pour la première fois depuis des décennies, d'un excédent budgétaire primaire (hors intérêts de la dette) et d'un excédent des comptes courants.

Politiquement il est cependant affaibli par une majorité faible (153 sièges sur 300) au Parlement, à l'approche d'élections municipales, régionales et européennes à valeur de test.

Au coeur du cycle de négociations qui a débuté lundi figure notamment la levée d'entraves à la concurrence sur plusieurs marchés, comme celui du lait ou des médicaments.

"Il y a encore beaucoup de travail à faire", avait averti la semaine dernière le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

- Nouveau front bancaire -

En échange de mesures d'austérité draconiennes, la Grèce a déjà reçu, depuis 2010, deux prêts de 240 milliards d'euros au total et bénéficié d'un effacement de dette de 107 milliards d'euros consenti par ses créanciers privés.

La menace d'une faillite n'est plus brandie à chaque négociation sur les tranches de prêts mais d'autres enjeux financiers cruciaux préoccupent Athènes et ses créanciers: les besoins en financement après l'échéance du second programme d'aide, la façon d'alléger la dette toujours insoutenable (175% du PIB), la perspective d'une nouvelle injection de capitaux aux banques grecques.

Le verdict de la Banque de Grèce ainsi que les conclusions de l'audit de BlackRock sur les tests de résistance des établissements de crédit sont attendus début mars.

La presse grecque fait état d'un besoin de cinq milliards d'euros pour les quatre principales banques déjà recapitalisées en 2013 avec des prêts de l'UE et du FMI.

Cependant, selon une estimation du FMI, publiée lundi par le Financial Times, la Grèce nécessite quelque 20 milliards d'euros, ce qui présagerait d'un nouveau front de désaccords entre Athènes et ses bailleurs de fonds.

La Banque de Grèce n'a pas souhaité commenter ces chiffres.

Officiellement les discussions sur une troisième aide et un allègement de la dette n'interviendront pas avant la fin de l'été, selon Bruxelles, mais elles sont en arrière-plan de la visite de la troïka.

Si la Grèce se voyait refuser un allègement de dette, "nous n'hésiterions pas à interrompre les remboursements du pays, si c'est nécessaire pour assurer les besoins de l'économie et de la société grecque", a prévenu ce week-end Alexis Tsipras, dirigeant de la gauche radicale Syriza, en tête dans les intentions de vote.

"Mais je ne pense pas que cela arrivera", a-t-il poursuivi, "ce n'est dans l'intérêt de personne".

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