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Arctique: la Norvège minimise les risques de conflit régional

24/02/2014 07:03 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

Le service norvégien de renseignement extérieur a minimisé lundi les risques de conflit dans la région arctique, estimant que la supposée ruée des pays riverains sur les ressources relevait davantage du fantasme que de la réalité.

"L'intérêt international pour la région augmente à mesure que la banquise fond et plusieurs acteurs extérieurs à l'Arctique souhaitent avoir accès à la région. Cela a alimenté ces dernières années les conjectures sur une future ruée sur les ressources et sur des risques de conflit accrus", a indiqué l'"E-tjeneste" dans son rapport annuel d'évaluation de la menace.

"Les risques de conflit potentiel sont toutefois limités et l'on ne peut pas dire qu'une ruée ou un bras-de-fer autour des ressources soit en cours entre États", a-t-on précisé de même source.

Même si les États riverains (États-Unis, Russie, Canada, Norvège et Danemark avec le Groenland) ont parfois des revendications territoriales concurrentes, les ressources connues se trouvent dans des eaux dont la souveraineté n'est pas disputée, a fait valoir l'"E-tjeneste".

Toutes les parties sont en outre d'accord pour se plier au droit international pour résoudre leurs éventuels différends, a ajouté le service.

La convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 permet aux États d'étendre leurs zones économiques, de 200 milles à 350 milles marins du littoral, s'ils peuvent prouver que cette extension constitue "la prolongation naturelle" de leur plateau continental.

La pose en 2007 d'un drapeau russe à la verticale du Pôle Nord avait provoqué des crispations côté canadien, Ottawa et Moscou se disputant la souveraineté de la zone.

Mais les deux pays jouent le jeu de la légalité: après la Russie en 2001, le Canada a présenté en décembre dernier ses prétentions territoriales devant une commission spécialisée des Nations unies.

"D'importants chevauchements (des revendications, ndlr) et des interprétations juridiques différentes peuvent ouvrir la voie à des tensions entre États dans le Grand Nord mais aussi à de réelles négociations et à d'importantes clarifications entre les pays concernés", a souligné l'"E-tjeneste".

En 2010, Norvège et Russie ont ainsi mis fin à un différend de 40 ans en signant un accord de délimitation des frontières maritimes dans un espace de 175.000 km2 de la mer de Barents.

Selon une étude de l'Institut de géophysique américain (US Geological Survey) remontant à 2008, l'Arctique pourrait receler 13% des réserves de pétrole et 30% des réserves de gaz naturel restant à découvrir sur la planète.

Le recul de la banquise, dont la superficie a atteint en 2012 un plus bas depuis le début des mesures par satellites, ouvre aussi de nouvelles routes maritimes permettant de raccourcir considérablement les distances entre les océans Pacifique et Atlantique.

Ces perspectives aiguisent aussi l'appétit de pays géographiquement éloignés comme la Chine.

phy/amp/ml

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