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Une partition de l'Ukraine n'est dans l'intérêt de personne (Maison Blanche)

23/02/2014 10:30 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Une partition de l'Ukraine ou le "retour de la violence" ne sont dans l'intérêt ni de l'Ukraine, ni de la Russie, ni de l'UE ou des Etats-Unis, a jugé dimanche une proche conseillère de Barack Obama, Susan Rice.

"Il n'y a pas de contradiction entre une Ukraine qui entretient de longue date des liens historiques et culturels avec la Russie et une Ukraine moderne qui veut s'intégrer davantage avec l'Europe. L'un n'empêche pas l'autre", a estimé la conseillère à la sécurité nationale du président américain dans un entretien à la chaîne NBC.

La nécessité de maintenir l'unité du pays est martelée aussi bien par Washington, Paris, que Berlin ou Moscou face au fossé qui semble se creuser en Ukraine et qui oppose l'Est russophone et russophile, majoritaire, et l'Ouest nationaliste et ukrainophone.

Interrogée sur la crainte d'une intervention militaire russe en Ukraine, Susan Rice a simplement indiqué que "ce serait une grave erreur". Rien ne laisse toutefois penser à ce stade à une hypothétique action militaire russe.

Lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a lui aussi rappelé la nécessité "par tous les Etats de respecter la souveraineté de l'Ukraine, son intégrité territoriale et sa liberté de choix", selon un haut responsable du département d'Etat américain.

John Kerry a également fait part du "ferme soutien" du gouvernement américain au vote par le parlement ukrainien d'un président et d'un Premier ministre de transition.

Ces actions "constituent le chemin le meilleur et le plus prometteur pour restaurer rapidement la paix et la stabilité de l'Ukraine et répondre aux problèmes financiers pressants du pays dans les prochaines semaines et prochains mois", a fait valoir M. Kerry, selon ce haut responsable.

"M. Kerry a exprimé l'espoir de voir la Fédération de Russie se joindre à nous, à l'Union européenne et à ses états-membres et aux autres pays concernés pour aider l'Ukraine à tourner la page et à sortir de cette crise plus forte, unie et allant de l'avant vers de nouvelles élections et l'adoption de réformes nécessaires", a-t-il conclu.

Comme la veille, Mme Rice a quant à elle rappelé sur NBC le souhait de Washington de "voir un changement constitutionnel, des élections démocratiques à court terme". Cette position avait déjà été développée samedi par la Maison Blanche après la fuite du président ukrainien Viktor Ianoukovitch.

Ce dernier, s'il avait "à l'origine été élu de façon démocratique", avait perdu "énormément de la légitimité en se tournant contre son peuple", a observé la conseillère du président Obama.

Sans exclure que le président russe ait gardé une mentalité issue de la Guerre froide en cherchant à préserver un glacis aux frontières de la Russie, Susan Rice a jugé qu'il n'était pas "pas question des Etats-Unis et de Russie" et "pas dans notre intérêt de revenir à mentalité de Guerre froide".

"La question est de savoir si les Ukrainiens ont l'opportunité de réaliser leurs aspirations démocratique et de faire partie de l'Europe, comme ils l'ont souhaité", a-t-elle insisté.

La conseillère pour la sécurité nationale a en outre insisté sur la nécessité d'aider au rétablissement de l'économie ukrainienne, qui est selon "très, très fragile". "Nous voulons coopérer avec nos partenaires en Europe, le FMI, les Russes s'ils sont prêts à participer, pour aider l'économie ukrainienne", a-t-elle affirmé.

"Si la Russie veut participer, elle sera la bienvenue", a-t-elle répété, rappelant que ce serait le FMI qui serait l'acteur le plus important sur ce front.

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