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Réorganisation du pouvoir en Ukraine

23/02/2014 06:10 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

La transition politique se poursuit en Ukraine. Le pays s'est doté dimanche d'un président par intérim, en la personne d'Oleksander Tourchinov, l'actuel président du Parlement, en remplacement de Viktor Ianoukovitch, destitué la veille et introuvable depuis.

Viktor Ianoukovitch se trouverait dans l'est russophone du pays, après avoir quitté la capitale, Kiev, vendredi. Un membre de l'agence responsable de la sécurité frontalière ukrainienne a affirmé qu'un avion transportant le président déchu s'était vu refuser le droit de décoller vers la Russie à partir de l'aéroport de Donetsk, dans l'est du pays, samedi soir.

L'ancien président s'est dit victime d'un coup d'État, et il n'entend pas démissionner, rappelant qu'il a été élu démocratiquement.

Par ailleurs, la formation politique du président, le Parti des régions, l'a lâché, le jugeant « responsable des événements tragiques en Ukraine », et a condamné sa « trahison », dans un communiqué.

Dimanche, les manifestants étaient toujours bien présents sur la place de l'Indépendance, à Kiev, centre de la contestation depuis le mois de novembre. La situation était calme et les opposants affirmaient avoir toujours le contrôle sur l'immeuble présidentiel, où ils avaient pénétré samedi après le départ de Viktor Ianoukovitch. Selon des médias, des manifestants organisaient des tours de garde, sans accrochage avec les policiers.

La transition dès la semaine prochaine

Le Parlement ukrainien a demandé dimanche aux députés de former un gouvernement de coalition nationale d'ici mardi prochain. En attendant, c'est le président du Parlement nommé samedi, Oleksander Tourchinov, qui occupera les fonctions de président.

Samedi, les membres du Parlement avaient voté à la fois en faveur de la destitution du président Viktor Ianoukovitch et de la tenue d'une élection présidentielle d'ici le 25 mai prochain.

Les évènements se sont bousculés une fois annoncé le départ de M. Ianoukovitch de Kiev, qui s'est rendu dans l'est du pays, d'où il est originaire et où il pensait trouver du soutien.

Aussitôt, les parlementaires ont également approuvé une loi permettant la libération de l'ancienne première ministre, opposante et égérie de la « révolution de orange » de 2004, Ioulia Timochenko, emprisonnée pour abus de pouvoir depuis 2011.

Celle-ci a été libérée peu de temps après et s'est rendue à la place de l'Indépendance pour s'adresser aux opposants. Elle leur a enjoint de maintenir la pression et les a félicités d'avoir entraîné la chute de la « dictature ».

Le parti de Ioulia Timochenko, a aussi indiqué dimanche qu'elle n'était pas intéressée par le poste de première ministre.

Par ailleurs, Mme Timochenko doit rencontrer « très prochainement » la chancelière allemande, Angela Merkel, avec qui elle s'est entretenue au téléphone, a annoncé son parti, dimanche.

La chancelière a pour sa part exhorté Ioulia Timochenko à oeuvrer pour l'unité de l'Ukraine, selon une source gouvernementale à Berlin.

De son côté, la Commission européenne a fait savoir qu'elle demeurait prête à conclure un accord commercial avec l'Ukraine une fois que celle-ci se serait dotée d'un nouveau gouvernement.

Recours judiciaires

Par ailleurs, des mandats d'arrêt ont été lancés, dimanche, contre l'ex-ministre du Revenu, Oleksander Klimenko, et l'ex-procureur général, Viktor Pchonka.

Le procureur intérimaire n'a pas donné plus d'informations sur les raisons de ces mandats.

« Une enquête a été ouverte et une équipe d'enquêteurs travaille à l'interpellation de ces individus pour les traduire devant la justice », s'est-il contenté de dire.

Samedi, le nouveau ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, avait indiqué que les forces de l'ordre et le gouvernement coopéraient à une enquête sur « les crimes graves commis contre le peuple ukrainien, y compris par d'anciens dirigeants de l'État ».

Ces développements majeurs dans la crise politique ukrainienne sont survenus au lendemain de la signature, vendredi, d'un accord entre le président Ianoukovitch et les chefs de l'opposition qui restreignait ses pouvoirs et précipitait la tenue d'élections.

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