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Le président du Nigeria entouré d'"incompétents" malhonnêtes (ex-chef de la Banque centrale)

23/02/2014 11:06 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

L'ex-président de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, a déclaré dimanche que le président Goodluck Jonathan, qui l'a démis de ses fonctions, était un homme voulant "faire de son mieux" mais déstabilisé par un entourage "malhonnête" et "incompétent".

"Lorsque vous vous trouvez avec le président Goodluck Jonathan, il a l'air d'une personne simple et aimable, qui essaye de faire de son mieux", a expliqué M. Sanusi à l'AFP. "Son plus grand échec est manifestement le fait qu'il soit entouré par des gens qui sont extrêmement incompétents, qui sont très malhonnêtes et en qui il a confiance".

Lamido Sanusi, dont le mandat à la tête de la banque centrale devait expirer en juin, a été suspendu jeudi par M. Jonathan pour avoir commis des "imprudences" en matière de finances. Puis il s'est vu retirer son passeport vendredi à son arrivée à Lagos.

M. Sanusi est plongé au coeur d'une controverse depuis qu'il a demandé des comptes à la Société pétrolière nationale nigériane (NNPC) au sujet de 20 milliards de dollars de fonds publics manquants.

L'action de M. Sanusi, qui a remis de l'ordre dans un secteur bancaire au bord de l'implosion et stabilisé la monnaie du pays le plus peuplé et plus gros producteur de pétrole d'Afrique, a été saluée par de nombreux économistes nigérians et étrangers. Mais cela lui a valu, également, de puissants ennemis politiques.

"Je pense que me prendre mon passeport est le début d'une atteinte à mes droits humains fondamentaux", a déclaré M. Sanusi, expliquant qu'il a déjà demandé la protection de la justice.

Bien qu'aucune plainte n'a été déposée contre lui, Sanusi se considère exposé à des attaques.

"Le fait que nous soyons ensemble aujourd'hui signifie que j'ai pris la décision d'assumer les conséquences de mes actes", a-t-il ajouté.

Selon lui, "sa fière indépendance", a indisposé le gouvernement depuis 2009, culminant au moment de son attaque contre la NNPC.

"Si ma liberté ou ma vie sont sacrifiées (...) mais que cela entraine une plus grande probité (dans les affaires publiques), cela aura été utile", a-t-il ajouté.

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