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Le G20 veut doper la croissance mondiale de 2 points de pourcentage d'ici 2018

23/02/2014 12:53 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Les pays du G20 se sont fixé dimanche pour objectif de doper la croissance de deux points de pourcentage supplémentaires d'ici 2018, et ont promis que leurs banques centrales continueraient de communiquer "clairement" sur leur politique monétaire.

Pour réaliser cet objectif de croissance porté par le Fonds monétaire international (FMI), les pays du G20 réunis à Sydney s'engagent à "développer des politiques ambitieuses mais réalistes", ont-t-ils indiqué dans le communiqué final de leur réunion.

"Nous mènerons des politiques ambitieuses mais réalistes pour augmenter notre PIB conjoint de plus de 2 (points de pourcentage) au-dessus de la trajectoire induite par les politiques actuelles au cours des cinq prochaines années", précisé le communiqué.

"Cela représente plus de 2.000 milliards de dollars US en termes réels et permettra la création de nombreux emplois", ont souligné les grands argentiers.

Le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,7% cette année et 3,9% en 2015.

L'Allemagne était réticente à fixer un objectif chiffré pour la croissance dans le communiqué final, mais l'initiative était notamment soutenue par la France, l'Australie, la Grande-Bretagne et le Fonds monétaire international (FMI).

Le Trésorier australien Joe Hockey avait auparavant souligné "l'extraordinaire bonne volonté" des représentants des vingt principales économies du monde à parvenir à un consensus avant le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du G20 en novembre à Brisbane (Australie, est).

Autre sujet majeur, les effets collatéraux pour les pays émergents de la sortie progressive de la Réserve fédérale américaine (Fed) de sa politique monétaire ultra-accommodante ("tapering").

Les banques centrales continueront de "communiquer clairement" et d'être attentives aux "impacts" de leurs politiques sur l'économie mondiale, a souligné le communiqué.

Plusieurs pays émergents (Inde, Argentine, Turquie, Afrique du Sud...) ont enregistré ces derniers mois une chute de leur devise.

En cause, la réduction des achats mensuels d'actifs de la Fed, qui met fin à une abondance de liquidités sur les marchés, et les attentes d'une remontée des taux américains, qui incitent les investisseurs à sortir leurs capitaux des émergents pour les rapatrier vers les Etats-Unis.

Des doutes sur la solidité de ces économies ou de leurs instances politiques sont aussi à l'origine de ce reflux des capitaux.

L'Indonésie et l'Afrique du Sud avaient demandé à la Fed, à la veille du G20, de mieux communiquer sur sa politique monétaire.

Mais les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le FMI ont aussi appelé les émergents à "mettre de l'ordre" chez eux en accélérant les réformes économiques susceptibles de les mettre à l'abri contre de fortes turbulences financières et des mouvements de reflux conjoncturel.

Le G20 a par ailleurs "profondément" regretté dimanche que les réformes sur les quotas et la gouvernance du FMI décidées en 2010 n'aient toujours pas été mises en oeuvres.

"Notre priorité est toujours la ratification des réformes de 2010 et nous engageons les Etats-Unis à le faire avant notre prochaine réunion en avril", ont-ils indiqué.

L'accord de 2010 prévoit un doublement du capital du fonds (les quote-parts) et une redistribution de l'actionnariat au profit des pays émergents, alors que l'institution est contrôlée depuis ses origines par les Etats-Unis et l'Europe. Mais la réforme est bloquée par le Congrès américain.

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