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JO-2014 - Dix grands moments des Jeux de Sotchi

23/02/2014 11:37 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

1-Relais ukrainien dames: au nom du peuple (biathlon)

A 1400 km de Kiev, les biathlètes ukrainiennes remportent facilement l'or sur le relais quelques jours, quelques heures après les violences qui ont fait plus de 80 morts. Empêchées de porter un brassard noir par le CIO, les quatre jeunes femmes rendent le plus bel hommage des sportifs aux victimes en gagnant la première médaille d'or ukrainienne aux JO d'hiver depuis 1994. Vita Semerenko et sa jumelle Valj, Julia Dzhyma et Olena Pidhrushna demandent à respecter une minute de silence avant le début de la conférence de presse qui suit leur victoire. Avant cela, Sergeï Bubka, président du comité olympique, avait salué une victoire "incroyable pour l'Ukraine". "Il n'a pas été simple de rester concentré, et nous avons décidé, tous ensemble, de continuer les Jeux, afin de porter haut les couleurs de notre pays. C'était pour nous la meilleure façon de soutenir notre peuple et notre nation. De montrer que l'Ukraine pouvait se construire un futur fleurissant", avait commenté l'ex Tsar de la perche, les yeux rougis par l'émotion.

2-Ole Einar Bjoerndalen et sa 13e médaille (biathlon)

C'est le plus grand. Le Norvégien Ole Einar Bjoerndalen rentre dans la légende olympique. Avec son sacre sur le sprint, le biathlète avait égalé le record de l'athlète le plus médaillé de l'histoire des Jeux d'hiver, détenu par son compatriote fondeur Bjoern Daehlie avec douze médailles. Mais en décrochant l'or avec le relais mixte, Bjoerndalen est devenu le plus grand, avec sa 13e médaille, pour huit titres! Deuxième à l'orée du dernier relais, le "Patriarche" a étourdi la concurrence, pour terminer en tête avec 43 secondes d'avance et sauter comme un gamin sur le podium. A 40 ans, celui qui compte pratiquement autant d'anniversaires que de titres mondiaux (39) a réussi ses derniers Jeux. Il s'est même offert un nouveau titre pour conclure son séjour à Sotchi: le Norvégien a été élu à la commission des athlètes du CIO.

3-Plushenko renonce (patinage artistique)

"Je suis sincèrement désolé pour mes fans et pour tout le monde mais j'ai voulu y croire jusqu'à la fin. J'en ai presque pleuré. C'est vraiment dur, croyez-moi. Ce n'est pas de cette façon que je voulais terminer ma carrière. Je suis très déçu. Mais j'ai fait de mon mieux." C'est par ces mots que Evgueni Plushenko a conclu sa carrière. Pendant les six minutes d'échauffement qui ont précédé son programme court, le patineur de 31 ans, sacré quelques jours auparavant dans la nouvelle épreuve par équipes, s'est tenu le dos, opéré il y a un an. Le triple champion du monde s'est échauffé avec difficultés et après s'être mal réceptionné sur un triple axel qu'il a tenté, il est allé voir son entraîneur de toujours en bord de piste, Alexei Mishin. Les deux hommes ont parlé et Plushenko, à l'appel de son nom, est allé voir le juge suédois Mona Jonsson pour lui signifier son abandon.

4- 3 SDL en bosses (ski freestyle)

Trois soeurs pour une finale, deux frangines sur un podium, une benjamine en or. La Canadienne Justine Dufour-Lapointe, 19 ans, a été sacrée en ski de bosses devant sa soeur Chloé, 22 ans, sous les yeux de leurs parents Yves et Johane, présents sur les pistes de Rosa Khoutor. L'aînée Maxime, 25 ans, n'a pu terminer que 12e de la finale mais la fête a été belle pour la famille québécoise. Poussées par leurs parents vers le grand air, les soeurs ont grandi ensemble sur un bateau l'été et sur les skis l'hiver, tissant depuis le plus jeune âge des liens forts. Les Dufour-Lapointe, désormais inséparables, rentrent dans l'histoire olympique aux côtés notamment des soeurs françaises Christine et Marielle Goitschel, qui ont partagé les deux premières places d'un podium à deux reprises lors des Jeux d'Innsbruck en 1964.

5-Maze/Gisin: l'or à partager (ski alpin)

Gisin-Maze ou Maze-Gisin ? Qu'importe ! Au bout de 1 min 41 sec et 57/100 de course, la Slovène Tina Maze et la Suissesse Dominique Gisin sont priées de partager l'or de la descente. Tina Maze, 30 ans, qui avait dominé outrageusement la saison de Coupe du monde 2013 mais avait disparu des radars cet hiver pour surgir au bon moment. Gisin, elle aussi a su être présente le Jour J pour couronner une carrière marquée jusqu'à présent par plus d'opérations, une dizaine, que de victoires, trois seulement en Coupe du monde. Mais sont-elles vraiment à égalité ? On ne saura jamais. Le chronométreur avait ordre de ne mesurer les temps qu'au 1/100e. Donc pas question de connaître l'écart au 1/1000e. Tant pis l'histoire est belle comme ça.

6-Bode Miller en larmes (ski alpin)

Le dimanche 16 février, l'Américain Bode Miller, 3e du super-G, devient le skieur le plus âgé à être médaillé olympique en ski alpin. Il a 36 ans et 127 jours. Mais plus que ses rides, ce sont ses larmes qui vont faire parler. Pressé de questions par une journaliste américaine peu après l'arrivée, Miller craque et s'effondre en larmes au souvenir de son frère décédé en avril 2013 et à d'autres problèmes personnels. Il faut les bras de sa nouvelle compagne pour le consoler. Le lendemain, il est obligé de tweeter pour demander à ses fans d'épargner la journaliste indélicate. Quelques jours plus tard, Le sextuple médaillé olympique achèvera ses cinquièmes JO d'hiver sur une modeste 20e place en slalom géant et probablement sa carrière olympique.

7-Elimination russe en hockey

Humiliés. Les hockeyeurs russes, portés par tout un peuple, on été éliminés par la "petite" Finlande (3-1) dès les quarts de finale de "leurs" Jeux. Le président Vladimir Poutine, qui considérait la Russie comme "la meilleure du tournoi", en avait fait le point d'orgue des Jeux et espérait voir une finale Russie-Canada. La star Alexander Ovechkin a été le premier Russe à porter la flamme olympique, le légendaire Vladislav Tretiak avait allumé la vasque lors de la cérémonie d'ouverture... Mais les tsars de la crosse n'ont pas tenu la pression et retournent dans leurs clubs sans même une médaille. Comme en 2006 et 2010. Le pays-hôte, où le hockey est roi, n'a plus gagné de titre olympique depuis 1992, à Albertville. "Le plus beau rêve sportif dans l'histoire de la Russie contemporaine s'est envolé", déplorait la presse russe au lendemain du camouflet. Rien que ça.

8-La 2e place de la Sud-Coréenne Kim Yu-na (patinage artistique)

Etincelante lors du programme court, la Sud-Coréenne Kim Yu-na s'élance en favorite pour le libre, même si elle reste à portée de la Russe Sotnikova. Mais c'est une surprise qui attend le public ! Adelina Sotnikova, 17 ans, devient la première championne olympique russe, en améliorant de 18 points son meilleur total. Un bond énorme pour une jeune fille qui jusque-là n'avait jamais fait mieux que 2e lors de l'Euro-2013 et l'Euro-2014 et 9e des derniers Mondiaux. Cette décision va créer une vague d'indignation en Corée du Sud. En quelques jours, plusieurs millions de Sud-Coréens signent une pétition sur internet pour protester contre ce classement. La Corée du Sud demande même à la Fédération internationale de réexaminer les notes pour voir si quelque chose a cloché. Pour les experts, il n'y a rien de flagrant dans cette victoire russe même si... Même si Kim Yu-na ne sera jamais la 3e patineuse de tous les temps à détenir le titre olympique sur deux Jeux consécutifs, après la Norvégienne Sonja Henie (1928, 1932, 1936) et l'Allemande Katarina Witt (1984, 1988).

9-Poutine ouvre "ses" Jeux.

"Je déclare ouverts les XXIIes jeux Olympiques d'hiver à Sotchi", a déclaré le 7 février le président russe Vladimir Poutine. Grand ordonnateur des Jeux les plus chers de l'histoire (37 Mds d'euros), Poutine a suivi de la tribune officielle la cérémonie d'ouverture. A part quelques visites plus ou moins impromptues au Village olympique de Sotchi, le président russe s'est fait par la suite très discret, même s'il a alimenté les discussions, critiques ou louanges. "Ses" Jeux se sont déroulés sans incident en dépit de craintes sur la sécurité et des critiques des débuts, notamment sur les hôtels qui n'étaient tous achevés. Le président du CIO Thomas Bach les a qualifiés de "super Jeux". Et pour couronner le tout, la Russie a terminé à la première place du tableau des médailles.

10-Shaun White par la petite porte (snowboard)

Shaun White, l'icône détrônée ! White a non seulement chuté de son trône mais aussi du podium (4e). Et c'est le Suisse Iouri Podladtchikov, surnommé "Ipod", qui a tiré le gros lot ! Le double champion olympique avait peut-être eu un pressentiment après les qualifications quand il avait dit au Suisse: "Je t'aime mon gars, mais tu me rends nerveux". Et au moment de s'élancer en dernier de la seconde manche, l'homme d'affaires millionnaire a tremblé. Raté ! Malgré un peu d'intox à l'arrivée pour impressionner les juges, le couperet est tombé pour l'ambassadeur mondial du snowboard. Pas de de 3e titre d'affilée, ce que seuls six sportifs sont parvenus à faire dans une épreuve individuelle aux jeux Olympiques d'hiver. "Ce n'était simplement pas ma soirée, a-t-il commenté. J'étais venu pour décrocher deux médailles d'or (half-pipe et slopestyle, épreuve à la veille de laquelle il a déclaré forfait) mais ça n'a pas marché. Je suis déçu, j'avais passé mon run à l'entraînement mais ce n'est pas facile d'être constant."

ep/jr

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