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Explosion dans un quartier commercial de Bangkok, 24 blessés (secours)

23/02/2014 07:27 EST | Actualisé 25/04/2014 05:12 EDT

Au moins 24 personnes ont été blessées par une explosion dimanche dans un quartier commercial de Bangkok, au lendemain de la mort d'une fillette lors de tirs contre un rassemblement de manifestants qui réclament depuis près de quatre mois la démission du gouvernement.

L'explosion de dimanche a eu lieu près d'un des campements des manifestants, devant un supermarché à proximité de plusieurs des centres commerciaux géants de la capitale thaïlandaise.

"Vingt-quatre personnes ont été blessées, dont plusieurs sont dans un état critique", a indiqué le centre de secours Erawan, précisant que trois enfants faisaient partie des victimes.

Du sang était visible sur le sol, et policiers et soldats ont été envoyés sur place, selon un photographe de l'AFP. La police n'a pu à ce stade confirmer l'origine de l'explosion.

Depuis le début à l'automne du mouvement qui demande la tête de la Première ministre, Yingluck Shinawatra, les rassemblements des manifestants ont notamment été la cible de jets de grenade et de fusillades, de la part d'assaillants non identifiés.

La crise, qui a également donné lieu à des affrontements entre police et militants, a jusqu'ici fait 17 morts, dont une petite fille de 5 ans tuée par balle samedi soir lors de tirs sur une manifestation antigouvernementale dans l'est du pays.

Trente personnes ont également été blessées lors de cette fusillade dans la province de Trat, à 300 km à l'est de Bangkok, selon la police.

Six d'entre eux, dont une autre fillette de cinq ans, sont dans un état critique, selon Supan Srithamma, un responsable du ministère de la Santé.

Les protestataires ont condamné cette attaque, reprochant aux forces de l'ordre de n'avoir pas protégé les manifestants.

"Des armes de guerre ont été utilisées pour perpétrer un acte terroriste planifié et organisé", a réagi dimanche le porte-parole du mouvement, Akanat Promphan. "Cette atrocité a aggravé la nature de la violence contre les manifestants pacifiques".

Outre la tête de Yingluck, les protestataires réclament la fin de l'influence de son frère Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006 et qui reste malgré son exil le personnage le plus détesté et le plus haï du royaume.

Les manifestants, alliance hétéroclite réunie par la haine de Thaksin, accuse Yingluck d'être une marionnette du milliardaire et veulent se débarrasser de ce qu'ils appellent le "système Thaksin", associé selon eux à une corruption généralisée.

Les législatives anticipées du 2 février n'ont pas permis d'apaiser la crise.

Les manifestants, qui veulent remplacer le gouvernement par un "conseil du peuple", ont perturbé le scrutin et aucun résultat n'a été annoncé en attendant de nouveaux votes partiels, prolongeant le mandat d'un gouvernement condamné à expédier les affaires courantes.

Depuis le putsch de 2006, la Thaïlande est engluée dans un cycle de crises politiques ayant fait descendre tour à tour dans la rue partisans et opposants à Thaksin.

La précédente, en 2010, avait vu les "chemises rouges" fidèles au milliardaire occuper le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du gouvernement de l'époque, avant un assaut de l'armée. La crise avait fait plus de 90 morts et 1.900 blessés.

Dimanche, les "rouges", qui sont restés plutôt discrets depuis le début de la crise actuelle, se sont réunis dans le nord-est du pays pour décider de leur stratégie.

"Maintenant, nous allons réellement nous battre", a déclaré l'un de leurs leaders, Nattawut Saikuar, sans dévoiler de plans précis, alors que les craintes d'une escalade de la violence ne cessent de croître.

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