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Sotchi 2014: Le COC considère que les objectifs ont été atteints

23/02/2014 04:25 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

SOTCHI, Russie - C'est vrai: Marcel Aubut et le Comité olympique canadien (COC) visaient rien de moins que le sommet. Mais de s'en rapprocher comme l'ont fait les athlètes Canadiens aux Jeux olympiques de Sotchi les comble au plus haut point.

Le Canada est assuré d'une récolte de 25 médailles en Russie, soit une de moins que lors des Jeux de Vancouver, où il avait aussi mis la main sur 14 médailles d'or, un record des Jeux d'hiver. Cette fois-ci, le Canada pourrait en obtenir 10, selon ce qu'accomplira l'équipe masculine de hockey en finale, dimanche, contre la Suède.

«Il ne peut pas y avoir de déception quand vous faites passer votre écart avec la première place de 11 médailles à quatre, a-t-il dit avant que les Russes ne balaient le podium au 50 km en ski de fond. Alors 24, 25 ou 26 médailles, c'est important, mais ce n'est pas la fin du monde, puisque vous vous êtes rapprochés du sommet et êtes restés dans le peloton de tête.»

Flanqué du chef de mission Steve Podborski et de la chef de mission adjointe France St-Louis, Me Aubut a dressé un bilan fort positif des Jeux de Sotchi. Il est d'autant plus satisfait que le pays a comblé l'écart le séparant du premier rang au total de médailles, alors que le Canada avait terminé 11 médailles plus loin que les États-Unis et leur récolte de 37 breloques à Vancouver.

Le président du COC a fait remarquer que l'écart s'est rétréci de façon importante entre les pays occupant le sommet du tableau des médailles en raison de l'argent investi de façon plus massive par ces nations, une tendance qui n'est pas près de s'estomper, mais qui est un peu étonnante, selon lui.

«Effectivement, nous sommes surpris. Je ne pensais pas qu'en quatre ans, il pourrait y avoir un bloc de pays capables de se hisser près de la tête et que le classement des médailles puisse changer en quelques heures seulement. Sauf que lorsqu'on analyse tout ça et qu'on se rend compte à quel point ces pays sont intéressés à gagner les Jeux, et les investissements qu'ils ont faits, il faut constater que c'est le début d'une nouvelle ère.

«Ça va continuer comme ça. Si on veut demeurer près du sommet et être le no 1 — et on ne veut rien d'autre que ça — il va falloir investir encore plus, travailler encore plus fort. Et on commence dès (lundi).»

Aubut a également louangé le travail effectué par la Russie, qui a accumulé 18 médailles de plus (33 contre 15) qu'aux Jeux de Vancouver.

«Lorsque je dis partout au pays que le meilleur investissement qu'on peut faire c'est dans le sport parce qu'on voit immédiatement le retour sur son investissement, regardez comment les Russes l'ont fait. Que croyez-vous a permis de faire ça? Les investissements et la qualité des gens qui travaillent dans le sport.»

Bientôt une candidature pour le Canada?

Aubut ne s'en cache pas: il souhaite qu'une ville canadienne présente bientôt sa candidature pour l'obtention des Jeux olympiques, qu'ils soient d'hiver ou d'été.

«Ce que je cherche, c'est d'avoir une ville qui va embarquer dans le projet. Je veux que le Canada s'intéresse aux Jeux, c'est mon principal objectif et je ne veux pas exclure des villes qui seraient plus propices à l'organisation des Jeux d'été.

«Mon rôle, j'en suis convaincu, c'est de remettre le Canada sur les rails pour obtenir des Jeux d'hiver ou d'été. C'est mon job et c'est mon désir le plus cher. Je veux mettre la machine en marche avant de quitter le COC. Ça prend aussi un maire qui dise oui. M. (Régis) Labeaume (le maire de Québec) n'est pas encore prêt, mais je sais que dans le fond de son coeur, il sera prêt un moment donné. (Du côté du) maire de Toronto, il y a encore du travail à faire là pour voir si ça peut être possible pour les Jeux d'été.»

Selon lui, le problème de la descente masculine — aucune montagne de la région de Québec n'est assez haute pour l'accueillir — ne se pose plus.

«Jacques Rogge m'a déjà dit une chose: 'Quand on envie d'aller à un endroit, tout se négocie'. Il n'y a plus aucune ville qui est parfaite (pour accueillir les Jeux) en raison des nouvelles disciplines. Il y a des négociations à chaque fois.»

Des chiffres inexacts

Le président du COC insiste aussi pour que l'on cesse d'avancer que les Jeux olympiques de Sotchi ont coûté 51 milliards $ US à la Russie.

«Les 51 milliards $, c'est faux. Ce que la Russie a voulu faire, c'est créer un endroit assez beau pour que les Russes dépensent leur argent pour les vacances d'été chez eux, qu'ils n'aillent plus en Espagne et au Portugal, mais sur les plages de Sotchi. Au niveau économique, dans un pays de 150 millions d'habitants, ça fait toute une différence. Fallait donc mettre de l'argent pour créer une nouvelle station balnéaire. Les 51 milliards $, c'est pour ça. Il (Vladimir Poutine) s'est servi de la locomotive que sont les Jeux olympiques pour justifier ces dépenses. C'est pourquoi les Jeux sont si importants. Chez nous, ce serait pour laisser des infrastructures aux générations à venir. (...) Les Russes ont vraiment quelque chose de bien entre les mains, mais pour ça, il fallait dépenser beaucoup d'argent.»

Il admet toutefois qu'il ne faut pas se laisser aller à de grands excès.

«Les Jeux olympiques n'ont jamais été aussi populaires, mais ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire attention. L'arrivée de Thomas Bach (à la tête du CIO) va changer beaucoup de choses, incluant l'accessibilité aux Jeux pour de plus petits pays et au niveau du contrôle des coûts. Il a déjà mis sur pied un groupe de travail pour déterminer comment, à l'avenir, les soumissions devraient coûter, comment contrôler les coûts des Jeux et éviter de les associer à plein d'autres projets, ce qui fait en sorte que les Jeux ont l'air de coûter une somme astronomique, qu'ils semblent inaccessibles. Ça a vraiment nui que les gens pensent que les Jeux ont coûté 51 milliards $.

«Ce chiffre n'est absolument pas le nouveau prix plancher. Je crois que le prix plancher, c'est ce que ça nous a coûté à Vancouver (7,3 milliards $). Je pense que quand on enlève tous les à-côtés ici, ça ne leur a pas coûté beaucoup plus cher qu'à Vancouver et ils ont des infrastructures neuves partout.»

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