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Ukraine : Berlin et Paris appellent les deux camps à respecter l'accord de sortie de crise

22/02/2014 09:15 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, et son homologue français Laurent Fabius ont appelé samedi le gouvernement et l'opposition en Ukraine à respecter l'accord de sortie de crise, dans deux déclarations distinctes à Berlin et Paris.

"Il dépend désormais des deux parties au conflit - aussi bien du côté du gouvernement que de celui de l'opposition - de s'en tenir à ce qui a été convenu et de commencer à établir un rapport de confiance", indiqué M. Steinmeier cité dans un communiqué du ministère.

"La situation reste hautement fragile", a souligné le chef de la diplomatie allemande pour lequel la priorité est "en premier lieu d'engager les discussions pour former un gouvernement provisoire (...) c'est le plus important pour donner à l'Ukraine un gouvernement stable accepté par les deux parties"

"Nous avons donné un cadre, ce qui sera mis en place dans ce cadre doit l'être par les Ukrainiens eux-mêmes, la direction politique actuelle et l'opposition ont aujourd'hui la chance de se rapprocher sur la base de l'accord, j'espère que cette chance va être saisie (...) c'est peut-être la dernière chance de parvenir à une évolution pacifique pour l'avenir de l'Ukraine (...)", a insisté le ministre.

Laurent Fabius s'est pour sa part entretenu avec ses homologues européens et russe et "appelle les deux parties à éviter les violences et à respecter l'accord qu'elles ont conclu", a indiqué un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

M. Fabius a "demandé à l'ambassadeur de France à Kiev, en coordination avec ses homologues allemand et polonais, de faire une démarche immédiate en ce sens auprès du nouveau président du Parlement ukrainien", a ajouté le porte-parole dans un communiqué.

L'opposition a commencé samedi à s'emparer des leviers du pouvoir en Ukraine, appelant le Parlement à voter la destitution du président Viktor Ianoukovitch, qui a quitté Kiev et dont la chute semble de plus en plus inéluctable, même s'il a affirmé qu'il n'avait "pas l'intention" de donner sa démission.

Les députés ont voté la libération immédiate de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, dont deux proches ont été désignés respectivement à la tête du Parlement et du ministère de l'Intérieur.

Les défections s'enchaînaient samedi dans le camp du chef de l'Etat, au lendemain de la signature d'un accord entre l'opposition et le président prévoyant d'importantes concessions de la part de ce dernier, sous pression des Européens, après le bain de sang dans le centre de Kiev où près de 80 personnes ont été tuées en trois jours.

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