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Syrie: nouveaux raids aériens de l'armée près de Damas (ONG)

22/02/2014 09:28 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

L'armée de l'air syrienne a mené samedi de nouveaux raids contre Yabroud, une importante ville rebelle au nord de Damas, tandis que des combats faisaient rage à la périphérie de la capitale, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Sur un autre front, des combattants kurdes ont pris la ville de Tal Barak (nord-est), jusqu'alors tenue par le puissant groupe jihadiste de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), a ajouté l'OSDH.

A Alep (nord) et Al-Naimeh, un village de la province de Daraa (sud) des hélicoptères de l'armée ont lancé des barils d'explosifs sur des quartiers tenus par les rebelles. L'ONU a condamné à plusieurs reprises l'usage de ces barils, qu'elle juge contraire au droit international.

Dans et autour de Yabroud, des bombardements ont eu lieu par air et par canons. Les troupes du régime de Bachar al-Assad ont lancé une offensive il y a deux semaines pour reprendre cette ville, située dans la région montagneuse du Qalamoun, près de la frontière libanaise.

Depuis, au moins 12.800 personnes ont fui cette zone vers la ville libanaise d'Aarsal, selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR).

Dans cette région, les forces du Hezbollah épaulent l'armée syrienne. Selon le parti chiite libanais, la plupart des voitures piégées utilisées dans les attentats contre ses bastions au Liban proviennent de Yabroud.

"Le Hezbollah mène des combats près de la frontière, alors que l'armée veut sécuriser l'autoroute internationale" liant Damas à la ville centrale de Homs, a affirmé à l'AFP un militant via Skype.

Ce militant, qui se fait appeler Amer, estime que le pilonnage s'est intensifié, car l'armée et le Hezbollah "ont échoué à avancer sur le terrain comme ils l'auraient voulu. Aussi sont-ils en train d'encercler et de punir Yabroud".

Dans le nord-est de Damas, de nouveaux combats ont éclaté dans le quartier périphérique de Jobar, une des zones frappées par des attaques chimiques qui ont fait des centaines de morts en août.

Les combats se sont intensifiés depuis le 9 février dans ce quartier contrôlé en grande partie par les rebelles, selon l'OSDH.

Dans le même temps, les Kurdes ont repris à l'EIIL la ville de Tal Barak, située entre les deux plus grandes villes kurdes, Qamishli et Hassaké. Ces combats ont fait 25 morts, dont 22 membres de l'EIIL, dans la nuit de vendredi à samedi.

Depuis plusieurs mois, les Kurdes combattent l'EIIL dans ces zones dont les jihadistes cherchent à s'emparer en raison des ressources qu'elles recèlent et de leur proximité stratégique avec l'Irak et la Turquie.

A Raqa, un bastion de l'EIIL dans le nord du pays, les jihadistes ont appelé tous les habitants n'ayant "pas de certificat de propriété" à "évacuer leur maison pour permettre aux (combattants) étrangers de s'y installer", selon l'OSDH.

Raqa, seule capitale provinciale échappant au contrôle du régime, est désormais aux mains de l'EIIL, dont des militants ont à plusieurs reprises dénoncé des exactions.

Selon un récent bilan de l'OSDH, plus de 140.000 personnes ont été tuées en Syrie en presque trois ans d'un conflit complexe et dévastateur qui a en outre poussé des millions de Syriens à fuir leur foyer.

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