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Mise hors d'usage des armes d'ETA: "un pas historique et décisif" (partis politiques basques)

22/02/2014 07:45 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Les représentants de la gauche nationaliste au Pays basque français ont estimé samedi que la mise hors d'usage par le groupe séparastiste basque ETA de son armement était "un pas historique et décisif".

"ETA met hors d'usage son armement, cela veut dire qu'il renonce à la lutte armée, et prouve qu'il pouvait faire un pas, certes limité, mais d'une portée historique extraordinaire", a estimé lors d'un point de presse à Bayonne (sud-ouest) Anita Lopepe, porte-parole d'Euskal Herria Bai (Oui au Pays basque) qui réunit les partis de la gauche nationaliste basque.

Selon cette porte-parole, dès lors que "le monde basque a répondu positivement à tous les gages demandés, il faut maintenant des pas des gouvernements français et espagnol".

La porte-parole a précisé que les partis politiques basques attendent de leur part le rapprochement des prisonniers basques ainsi que la résolution politique et intégrale du conflit.

"Le pas franchi par ETA hier n'est pas anecdotique comme l'a déclaré le ministre (français) de l'Intérieur, Manuel Valls. Nous sommes face à un conflit de nature politique qui a eu un processus armé. Ce n'est pas parce que le processus armé disparaît que le conflit disparaît", a-t-elle analysé.

De son côté, la députée socialiste de Bayonne, Colette Capdevielle, a interprété vendredi dans un communiqué l'annonce de l'ETA "comme un pas décisif très attendu".

"Avec le commencement de la mise hors d'usage de son arsenal, condition sine qua non posée par l'État français à toute avancée dans le processus, le principal obstacle peut être levé. Ainsi, l'État français peut prendre toute sa part dans le processus de paix," a-t-elle souligné.

Vendredi à Bilbao, la Commission internationale de vérification du cessez-le-feu, un groupe d'experts étrangers non reconnu par Madrid, a annoncé "que l'ETA avait scellé et mis hors d'usage opérationnel une certaine quantité d'armes, de munitions et d'explosifs".

Parallèlement, une vidéo diffusée par plusieurs médias montrait deux militants de l'ETA, cagoulés, désignant à deux des experts des armes posées sur une table.

Les images, datées de janvier 2014 et tournées dans un lieu inconnu, montrent un petit stock composé notamment d'un fusil, un pistolet et deux revolvers, ainsi que 300 cartouches et près de 17 kg d'explosifs, selon l'inventaire publié par les experts.

La présentation de ce premier stock constitue "un pas très significatif", "parce que c'est la première fois en cinquante ans que l'ETA décide de montrer ses armes à des étrangers indépendants et de les mettre hors d'usage", a déclaré à l'AFP le Sri-lankais Ram Manikkalingam, président de la commission internationale.

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