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Sotchi 2014: Jasey-Jay Anderson ne ferme pas la porte aux JO de 2018

22/02/2014 09:56 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT
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KRASNAÏA POLIANA, Russie - Jasey-Jay Anderson n'exclut pas la possibilité qu'il roule sa bosse pour une autre période de quatre ans et participe à ses sixièmes Jeux olympiques, en 2018 à Pyeongchang, en Corée du Sud. Mais il faudra que plusieurs conditions soient réunies.

À commencer par les conditions financières. Et Anderson est le premier à douter que celles-ci changeront au point de lui permettre un autre voyage à ses frais, comme ç'a été le cas pour les JO de Sotchi.

«Je me suis endetté pour venir ici et je ne pense pas que ma femme va me laisser faire ça deux fois. Moi, je ne me permettrais pas de me laisser faire ça deux fois!», a lancé Anderson, samedi, après avoir été éliminé en huitièmes de finale de l'épreuve de slalom en parallèle.

«On devient un peu comme un accro, c'est obsessif. Mais les chances sont minimes parce que financièrement, c'est presque impossible, a reconnu le Québécois de 38 ans. Ce n'est pas viable.»

On le sait, Anderson a décidé de poursuivre sa carrière, après une retraite temporaire à l'issue des JO de 2010, afin de dévaler les pentes et de tester les planches qu'il fabrique lui-même. Il faudrait que le chiffre d'affaires de son entreprise augmente suffisamment, ces prochaines années, pour qu'il puisse se permettre un voyage en Asie en 2018.

Il reconnaît par contre que sa présence en Russie lui a permis d'amasser des renseignements très utiles pour la conception et la fabrication de planches plus performantes. Tout comme sa présence sur le circuit de la Coupe du monde lui est précieuse à cet égard, et c'est pourquoi il prévoit continuer d'y participer la saison prochaine.

«J'ai roulé à chaque jour depuis que je suis à Sotchi, c'étaient des journées à deux descentes. Il y a eu des journées sous la pluie battante ou sous la neige, d'autres dans le gros soleil, j'ai roulé dans toutes les conditions possibles, du béton armé à du gros sel de printemps... Pour le développement de mes planches, il n'y a rien qui peut remplacer une variété de conditions comme ça.

«Et regardez le nombre de personnes qui travaillent sur le parcours, a noté Anderson en se retournant pour désigner le tracé, où s'affairaient des dizaines de travailleurs de piste entre deux manches. Des conditions comme ça, tu ne peux pas les recréer tout seul.

«Ma présence ici (en Russie), je pouvais la justifier par l'acquisition d'un nombre important de connaissances pour le développement de mes planches, donc ç'a valu la peine. Mais pour continuer, il faudrait que ça vaille la peine financièrement.»

La dernière olympiade a été fructueuse, selon Anderson, parce qu'il ne faisait que commencer à vraiment maîtriser un processus de réflexion qui lui permet de perfectionner rapidement ses planches. Il veut aller jusqu'au bout de ce processus.

«Avant, je me grattais la tête, je faisais des suppositions, mais maintenant, c'est exponentiel l'information qui me vient à la tête, a lancé Anderson, dont la passion pour la technologie des planches remonte vite à la surface quand il se met à en parler. À chaque descente, je me dis que je vais ajuster ça, changer ça... Les données roulent dans ma tête constamment.

«Quand je roule, je pense à des fibres de carbone, des métaux, des caoutchoucs et des plastiques qui vont aider à la performance d'une planche, a-t-il ajouté. L'opportunité de rouler à un haut niveau me permet ensuite de faire des changements moi-même... En 24 heures, je suis capable de sortir une planche à la maison comme ça.»

En même temps, les chances qu'Anderson aille aux JO de 2018 en tant qu'athlète de 42 ans sont minces. Il est plus probable qu'il demandera à d'autres olympiens de tester des planches à sa place. Il reconnaît d'ailleurs qu'il doit élargir son cercle de collaborateurs. Déjà, Ariane Lavigne a accepté de lui servir de cobaye.

«Il va falloir que je commence à travailler avec des gens qui sont capables de me donner de l'information, a souligné Anderson, dont la résidence est à Lac-Supérieur. De plus en plus, aussi, j'apprends à travailler à Mont-Tremblant. Cet hiver avec les grands froids de moins-20 à moins-30 degrés, la neige prenait une forme parfaite pour les tests.»

Anderson va peut-être prendre sa retraite comme athlète à moyen terme, mais son départ de l'univers du surf des neiges n'est pas pour demain. Il a maintenant trop investi dans son entreprise, en temps et en efforts surtout, pour reculer.

«Partir une nouvelle compagnie, ç'a été tout un cheminement, a-t-il dit. Il y a eu beaucoup d'apprentissage, j'ai eu des embûches avec des fabricants qui m'ont roulé, et après ça, il a fallu lancer ma fabrique chez moi, dans mon atelier, ce que je ne voulais pas nécessairement faire au début...

«C'est sûr que je vais rester en compétition. Mais me rendre jusqu'en 2018, c'est une autre affaire», a résumé Anderson.

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