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Italie: le gouvernement de jeunes et femmes de Matteo Renzi a prêté serment

22/02/2014 06:13 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Matteo Renzi, le plus jeune Premier ministre de l'Union européenne, et les membres de son gouvernement formé pour moitié de femmes et de nombreuses têtes nouvelles, ont prêté serment samedi au palais du Quirinal, siège de la présidence italienne.

Agé de 39 ans, M. Renzi, chargé lundi de former un gouvernement par le président Giorgio Napolitano, a été le premier à prêter serment sur la Constitution avant chacun de ses 16 ministres.

Sous les lambris dorés de la présidence, seul manquait à l'appel Pier Carlo Padoan, nommé à l'Economie et aux Finances, parti vendredi de Sydney où il se trouvait pour le G20 mais qui ne devrait arriver que samedi soir à Rome.

M. Renzi, accompagné de sa femme Agnese et de leurs trois enfants, vêtus aux couleurs du drapeau italien, a remercié le président Napolitano après avoir prêté serment.

Assis sur deux rangs, ses ministres ont chacun à leur tour fait de même, sous les crépitements des appareils photos et devant leurs familles souriantes.

"La tâche est difficile mais nous sommes l'Italie, nous y arriverons. Notre engagement: rester nous-mêmes; des gens libres et simples", a tweeté avant la cérémonie l'ancien maire de Florence pour remercier ses supporteurs.

Fort de 16 ministres, dont les deux tiers sont nouveaux, avec la plus basse moyenne d'âge de l'après-guerre (47,8 ans)...Sur le papier, ce nouvel exécutif a tout pour "redonner l'espoir" aux Italiens, comme l'a promis M. Renzi.

Mais dans les faits, prévenaient les quotidiens italiens, rien n'est moins sûr.

"C'est un gouvernement Renzi, et rien d'autre. Beaucoup de nouveaux, peu de personnalités. Beaucoup de femmes, beaucoup de jeunes (...) un exécutif fait pour un chef", résume Ezio Mauro, directeur du journal Repubblica.

Mais, ajoute-t-il, "Renzi semble ramener toute la couverture à lui, sur son énergie politique", ce qui l'expose "comme jamais".

- "Nous risquons notre tête" -

Une situation que le nouveau dirigeant de 39 ans a lui-même résumée: "nous ne risquons pas seulement notre carrière mais aussi notre tête".

Un sentiment que partage le Corriere della Sera: "ce nouveau gouvernement est la photographie de la recherche avide de nouveauté du Premier ministre", estime Antonio Polito.

Mais il démontre également ses "limites": avec un "Parlement sans (vraie, NDLR) majorité électorale", M. Renzi, comme son prédécesseur Enrico Letta, sera contraint de s'appuyer sur une coalition gauche-droite pour gouverner face à une "Europe qui nous regarde encore de travers".

La Stampa émet pour sa part des "doutes" sur sa "capacité de peser sur la pire crise économique que l'Italie ait connue depuis la fin de la guerre", avec une dette abyssale (plus de 130% du PIB) et une croissance poussive (+0,1% au 4e trimestre 2013) après deux ans de récession.

"Seulement trois techniciens" parmi le gouvernement, composé d'une majorité de "politiques" dont beaucoup inexpérimentés, précise le quotidien, qui déplore aussi l'absence de "personnalités +anticonformistes+ que tout le monde attendait". L'écrivain Alessandro Baricco par exemple a refusé le ministère de la Culture.

Parmi les "technocrates", une figure fait l'unanimité, celle de Pier Carlo Padoan.

Chef économiste de l'OCDE, numéro deux de l'organisation, ce Romain de 63 ans "à la valeur indiscutable" est "apprécié à l'étranger, notamment comme négociateur (...) même si en économie, seuls les faits comptent", souligne le quotidien économique Il Sole 24Ore.

L'une des "personnalités" qui fait défaut au gouvernement est certainement le procureur adjoint de Reggio Calabria, Nicola Gratteri, pressenti à la Justice. Cela aurait été une gifle pour les mafias mais il a été écarté par M. Napolitano qui ne voulait pas d'un magistrat comme Garde des Sceaux.

"Si le Premier ministre était ce qu'il dit être, il aurait tenu bon sur Gratteri et aurait envoyé tout le monde valser", regrette Il Fatto Quotidiano, pour qui Matteo Renzi est "entouré d'un aréopage de technocrates de partis de nouvelle génération qui ne donnent aucune garantie d'être meilleurs que leurs prédécesseurs".

Une inquiétude que partage Ezio Mauro: Renzi, "l'acrobate, est sur un fil seul et sans filet. Espérons qu'il réussisse: car après lui, ne restent que les clowns populistes".

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