POLITIQUE

Des sénateurs libéraux assistent au Congrès, malgré leur exclusion du caucus

22/02/2014 06:16 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT
CP

MONTRÉAL - Parmi les quelque 3000 militants qui ont convergé vers Montréal pour le congrès du Parti libéral du Canada (PLC) ce week-end se trouvaient des invités qui ne sont plus conviés à la table du caucus national du PLC: les «ex-sénateurs libéraux».

Céline Hervieux-Payette, qui fait partie de ce groupe, ne s'est pas privée d'y prendre part, plaidant qu'elle participe à ce type de réunion depuis une quarantaine d'années et qu'elle est, après tout, toujours membre du PLC.

En entrevue avec La Presse Canadienne, samedi, elle a mis au défi le premier ministre Stephen Harper de poser le même geste que le chef libéral Justin Trudeau.

Selon elle, ce dernier a «donné le bon exemple» et les troupes conservatrices devraient s'en inspirer.

«Les conservateurs devraient faire ce qui a été officialisé par le chef (Justin Trudeau), devenir indépendants eux aussi, au lieu d'être à la solde de M. Harper et de sa législation», a fait valoir Mme Hervieux-Payette.

Les projets de loi omnibus sur le budget, par exemple, ont de «gros défauts», a illustré la sénatrice.

«Ils comportent des amendements sur des dizaines de lois. On aurait le droit de séparer le projet de loi, d'étudier en profondeur l'aspect budgétaire et après ça, de scinder les autres et de les faire indépendamment», a-t-elle exposé.

Justin Trudeau a pris beaucoup d'observateurs de la scène politique par surprise en annonçant, le 29 janvier, qu'il évinçait les 32 sénateurs libéraux, s'engageant à mettre en place «un processus de nomination des sénateurs non partisan, transparent et ouvert» s'il était élu premier ministre.

Les sénateurs sentaient que quelque chose se tramait avant d'en avoir la confirmation, a admis Céline Hervieux-Payette, disant ne pas avoir l'impression que ses collègues et elle avaient été sacrifiés dans la foulée du scandale des dépenses au Sénat qui a fait rage à l'automne.

«On a été surpris, oui et non. Non sur la façon, oui sur le fond. On avait possiblement des comités conjoints, députés et sénateurs, qui auraient dû être créés. On est revenus à la charge tout l'automne et ça ne s'est pas fait. Même chose au niveau du financement», s'est-elle souvenue.

Il y avait donc, au sein du bureau du chef, une décision de prise dès l'automne, a analysé la sénatrice.

Selon elle, le fait de ne pas annoncer de mesures «à la pièce» a été payant, médiatiquement parlant, pour le PLC.

«Vous auriez peut-être trouvé, au niveau des médias, que c'était un moins bon 'show'», a-t-elle lancé dans un éclat de rire.

Justin Trudeau a fait référence à son coup d'éclat lors du discours qu'il a livré devant les militants réunis au Palais des congrès.

Il a plaidé que cette politique de réforme était «à la fois réfléchie et responsable, tout en étant audacieuse et ambitieuse» et dénoncé la position défendue par ses adversaires politiques.

«M. Mulcair fait des promesses dont il sait sciemment qu'elles ne sont pas dans le pouvoir du gouvernement fédéral», a-t-il soutenu.

Quant à Stephen Harper, «il voudrait vous faire croire qu'il est toujours réformateur dans l'âme, qu'il croit toujours à un Sénat élu, même s'il sait que cette avenue mènera à des négociations constitutionnelles», a affirmé M. Trudeau.

Pour Céline Hervieux-Payette, la solution libérale a l'avantage de redorer le blason de la Chambre haute et de ses représentants.

«C'est un geste positif quand on ne prône pas l'abolition du Sénat. On dit qu'on va le faire d'une autre manière», a-t-elle assuré.

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