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Croissance et coopération fiscale au menu du dernier jour du G20

22/02/2014 07:13 EST | Actualisé 24/04/2014 05:12 EDT

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 s'efforçaient dimanche de parvenir à un accord sur la croissance, après des discussions qualifiées d'"excellentes" par l'Australie, le pays hôte, sur la sortie progressive de la Fed de son programme de soutien à l'économie.

Le Trésorier australien Joe Hockey a souligné "l'extraordinaire bonne volonté" des représentants des vingt principales économies du monde à parvenir à un consensus ce week-end à Sydney, en préparation au sommet de novembre à Brisbane (Australie, est).

Joe Hockey souhaite que les pays se fixent un objectif de croissance mondiale chiffré, une proposition accueillie avec tiédeur par l'Allemagne, mais aussi par l'Inde.

"Il est important pour nous tous d'être plus ambitieux et de faire ce qui est nécessaire" mais les politiques de croissance "sont des batailles politiques intérieures et nous devons chacun livrer notre propre bataille", a déclaré le gouverneur de la banque centrale indienne Raghuram Rajan au quotidien économique Australian Financial Review.

Le Trésorier australien, équivalent du ministre des Finances, a simplement évoqué "la bonne volonté des participants" sur cette question mais n'a pas souhaité préciser si le communiqué final incluerait un objectif de croissance.

Le chiffre d'un gain de croissance mondiale de 2% sur les cinq prochaines années est régulièrement évoqué lors de ce G20.

Autre sujet majeur, les effets collatéraux pour les pays émergents de la sortie progressive de la Réserve fédérale américaine (Fed) de sa politique monétaire ultra-accomodante ("tapering").

Là aussi, a indiqué M. Hockey, les discussions sont "excellentes" et "détaillées".

Plusieurs pays émergents (Inde, Argentine, Turquie, Afrique du Sud...) ont enregistré ces derniers mois une chute de leur devise.

En cause, la réduction des achats mensuels d'actifs de la Fed, qui met fin à une abondance de liquidités sur les marchés, et les attentes d'une remontée des taux américains, qui incitent les investisseurs à sortir leurs capitaux des émergents pour les rapatrier vers les Etats-Unis.

Des doutes sur la solidité de ces économies ou de leurs instances politiques sont aussi à l'origine de ce reflux des capitaux.

L'Indonésie et l'Afrique du Sud avaient demandé à la Fed, à la veille du G20, de mieux communiquer sur sa politique monétaire.

La coopération fiscale entre les grands pays et la lutte contre l'évasion pratiquée par les multinationales est également au menu des discussions de dimanche.

Le G20 devrait adopter dans son communiqué final la norme d'échange automatique de données fiscales conçue par l'OCDE, et que plus de 42 pays se sont engagés à appliquer.

Cette norme "change la donne", a estimé le secrétaire général de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Angel Gurria. Elle va "renforcer la coopération fiscale internationale, placer les gouvernements sur un pied d'égalité lorsqu'ils cherchent à protéger l'intégrité de leur système de taxation et (permettre) la lutte contre l'évasion fiscale".

La mise en place de l'échange automatique de données fiscales, qui va plus loin que des coopérations reposant sur la bonne volonté des différents pays concernés, a été élevée au rang de priorité lors du dernier sommet du G20 en 2013 à Saint-Pétersbourg. Elle doit démarrer fin 2015.

Enfin, la France avait insisté samedi sur la nécessité de poursuivre le chantier de la régulation financière, qui "ne doit pas être considéré comme achevé fin 2014", selon les mots du ministre de l'Economie Pierre Moscovici.

Il avait mis en garde contre la tentation de relâcher les efforts maintenant que la crise financière "est derrière nous".

fmp/jr

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