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USA: Detroit présente un plan pour sortir de la faillite

21/02/2014 01:59 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

La ville de Detroit a présenté vendredi un plan pour sortir de la faillite, avec l'objectif de mettre un terme à des décennies de déclin en renégociant sa faramineuse dette, en améliorant ses services et en nettoyant ses rues.

Grevée par 18 milliards de dollars de dette et une chute de ses recettes fiscales, l'ancien fleuron de l'industrie automobile avait requis cette protection judiciaire le 18 juillet dernier, marquant la plus grande mise en faillite d'une municipalité américaine.

Le plan présenté vendredi, et auquel se sont immédiatement opposés certains créanciers de la municipalité, doit encore être approuvé par un juge et devrait être l'objet de procédures judiciaires pendant encore plusieurs mois.

Il prévoit des investissements à hauteur de 1,5 milliard de dollars sur 10 ans pour améliorer les services fournis à ses 700.000 habitants. Un tiers de cette somme devrait être utilisée pour s'attaquer au problème des quelque 80.000 bâtiments abandonnés qui jalonnent les rues de la grande ville du Michigan, au nord des Etats-Unis.

Une grande partie des créanciers de la ville ne recevraient, selon les termes de ce plan, que 20% de ce que la ville leur devait auparavant, sous la forme de nouveaux bons municipaux. En revanche, les retraités dont les pensions étaient directement menacées par la faillite seront mieux traités: policiers et pompiers retraités toucheront plus de 90% de ce qui leur était dû, les autres retraités en touchant 70%.

Des efforts seront également faits en faveur de ceux qui pourraient tomber sous le seuil de pauvreté après ces changements, a assuré Kevyn Orr, l'administrateur de la ville nommé au printemps 2013.

L'institut des Arts de la ville, dont il avait été craint qu'il ne soit obligé de céder ses oeuvres, serait relativement épargné si le plan était adopté en l'état, l'institut et ses mécènes s'engageant à verser 465 millions de dollars pour financer les fonds de pension. Ces derniers devraient également recevoir quelque 350 millions de dollars de l'Etat du Michigan sur 20 ans.

Berceau des "Big Three" (Ford, Chrysler, General Motors), la ville a lié son destin à celui de l'automobile, enregistrant un lent déclin économique et financier qui est allé de paire avec une déchéance sociale. En 60 ans, Detroit a perdu la moitié de sa population.

Le cas de Detroit est surveillé de près par les employés municipaux à travers le pays qui redoutent de voir leurs retraites sabrées en raison des difficultés financières rencontrées par leurs propres villes.

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