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Ukraine: Fabius salue une "sortie de crise" négociée dans "un climat effrayant"

21/02/2014 11:54 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, a salué vendredi à Pékin une "sortie de crise" en Ukraine, obtenue au terme de négociations menées "dans un climat effrayant", alors que Kiev était le théâtre d'un bain de sang.

"C'est le mieux qu'on pouvait espérer", a déclaré aux journalistes M. Fabius, qui avait dû quitter dans la nuit la table des négociations pour honorer ses rendez-vous prévus vendredi avec les plus hauts dirigeants chinois.

"C'est la sortie de crise. En tout cas tout est fait pour cela. C'est un accord très, très, difficile à obtenir, parce que il a fallu des heures et des heures de négociations: plus de dix heures avec le président Ianoukovitch, à peu près la même chose avec les représentants de l'opposition, dans un climat effrayant car il y a des dizaines de morts", a-t-il ajouté.

Au sujet du chef de l'Etat ukrainien, M. Fabius a commenté: "Avec le président Ianoukovitch, je ne suis pas sûr que vous passeriez vos vacances. C'est un homme habitué au pouvoir, qui ne le partage pas, c'est un régime --on le sait-- où il a par ailleurs beaucoup de corruption".

Quant aux représentants de l'opposition, "c'était difficile de leur faire admettre un compromis car d'une part ils auraient voulu toujours plus et d'autre part il y avait les gens de la place Maïdan qui eux ne voulaient qu'une chose: que M. Ianoukovitch s'en aille".

Il a décrit des discussions ardues sous la pression internationale, dans une atmosphère d'"état de siège".

"La négociation était parfois interrompue, parce qu'il y avait un coup de téléphone. Alors c'était Joe Biden des Etats-Unis qui appelait, ou X ou Y".

Le ministre français des Affaires étrangères a estimé que l'accord conclu entre le pouvoir ukrainien, l'opposition, l'Union européenne et la Russie, prévoyant notamment une élection présidentielle anticipée, était "vraiment une bonne nouvelle".

"L'Europe a été très utile dans cette affaire", a-t-il assuré, en ajoutant que "tout le monde a(vait) aidé, les Russes également" et que les sanctions adoptées à Bruxelles avaient pesé dans les pourparlers.

"Maintenant les choses, je pense, vont rentrer dans l'ordre", a ajouté le chef de la diplomatie française.

"Soyons prudents", a-t-il cependant tempéré, "car la situation économique reste épouvantable et puis il va falloir suivre (la mise en oeuvre de l'accord)".

"Il y a eu des crimes. Il faut que tout cela fasse l'objet d'une enquête et qu'on en tire les conséquences", a par ailleurs averti Laurent Fabius.

Interrogé enfin sur le fait de savoir s'il regrettait d'avoir été physiquement absent à Kiev lors de la signature, en raison de son voyage en Chine, le ministre a répondu: "J'ai négocié jusqu'au bout. Quand vous regarderez les signataires, il y a marqué +signataire pour la France: Monsieur Laurent Fabius+".

seb-jug/bir

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