NOUVELLES

Soudan du Sud: les pourparlers bloqués en raison des combats

21/02/2014 12:09 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Les pourparlers de paix entre la rébellion et le gouvernement sud-soudanais à Addis Abeba sont bloqués en raison de la reprise des combats dans la ville stratégique de Malakal, a indiqué vendredi le gouvernement de Juba.

Les délégations du gouvernement et de la rébellion regroupée derrière l'ex-vice président Riek Machar n'ont eu qu'une réunion cette semaine dans la capitale éthiopienne, le jour de la reprise des combats dans la capitale de l'Etat prétrolier du Haut-Nil (nord-est), a expliqué le porte-parole des Affaires étrangères sud-soudanaises, Mawien Makol.

"Ils ne continuent pas les réunions, à cause de la situation à Malakal", a-t-il ajouté, précisant que le gouvernement attendait un rapport des médiateurs régionaux dans la crise sud-soudanaise qui doit déterminer qui le premier a brisé le fragile cessez-le-feu signé le 23 janvier à Addis.Les rebelles ont lancé une vaste offensive contre l'armée mardi à Malakal.

Ils affirment cependant n'avoir fait que répliquer à des provocations de l'armée. Depuis, les forces pro-gouvernementales disent à leur tour préparer une contre-offensive. "Le gouvernement du Soudan du Sud est scandalisé par la violation de l'accord de cessez-le-feu", a de son côté déclaré Ateny Wek Ateny, porte-parole du président sud-soudanais Salva Kiir. "Des femmes sont violées en plein jour. Les malades à l'hôpital de Malakal ont tous été massacrés simplement parce qu'ils appartiennent à un groupe ethnique différent", a-t-il ajouté, affirmant que l'armée avait pris la décision de se retirer de Malakal pour "éviter un bain de sang" mais qu'elle se tenait prête à reprendre la ville. Plusieurs sources ont fait état d'atrocités commises dans la ville depuis la reprise des combats.

Vendredi encore, un porte-parole de la mission de l'ONU dans le pays (Minuss) a parlé de dizaines de cadavres retrouvés à travers Malakal.

Le Soudan du Sud est le théâtre de combats entre l'armée loyale au président Kiir et la rébellion regroupée derrière Riek Machar depuis le 15 décembre.

Les affrontements ont déjà fait des milliers de morts et quelque 900.000 déplacés. Le conflit s'articule autour d'une lutte de pouvoir entre le chef de l'Etat et son ex-vice-président, limogé en juillet. Le premier accuse le second d'avoir tenté un coup d'Etat.

Riek Machar dément, et reproche en retour à Salva Kiir de ne chercher qu'à écarter toute compétition au sein du parti au pouvoir, le SPLM, à l'approche d'échéances électorales en 2015.

Le SPLM est issu de l'ex-rébellion sudiste qui a affronté Khartoum lors de la guerre civile (1983-2005) qui a conduit à l'indépendance.

La rivalité politique a cependant très vite pris une dangereuse tournure ethnique: plusieurs massacres à caractère communautaire opposant les deux principales tribus du pays, les Dinka de Salva Kiir et les Nuer de Riek Machar, ont été dénoncés.

str-sas-aud/jmc

PLUS:hp