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Pier Carlo Padoan, nouveau ministre de l'Economie, est connu sur la scène internationale

21/02/2014 01:31 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Pier Carlo Padoan, numéro deux de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), choisi vendredi pour devenir le nouveau ministre de l'Economie italien, est bien connu sur la scène internationale.

M. Padoan, qui était aussi depuis 2009 chef économiste de l'OCDE, est reparti dès vendredi de Sydney où il se trouvait pour représenter le club des pays les plus industrialisés, au G20 prévu ce week-end.

Le nouveau chef du gouvernement Matteo Renzi, 39 ans, a visiblement choisi de donner des garanties à Bruxelles alors que la troisième économie de la zone euro émerge difficilement de deux ans de profonde récession.

Aux yeux du président Giorgio Napolitano qui a, selon une source proche du nouveau ministre, imposé sa nomination à Matteo Renzi, M. Padoan a l'avantage d'être à la fois un économiste reconnu et une personnalité respectée sur la scène internationale.

Un aspect essentiel pour la crédibilité d'une Italie toujours très endettée (plus de 130% du PIB).

M. Padoan est en outre considéré comme proche du Parti Démocrate (PD), dont Matteo Renzi est le chef depuis décembre. Entre 1998 et 2001, il a été conseiller économique de Massimo D'Alema et Giuliano Amato, deux anciens Premiers ministres et ex-poids lourds du PD.

Le 14 février dernier, il avait été choisi pour prendre la tête de l'Institut national des statistiques (Istat). Clin d'oeil de l'histoire: le même jour, l'Istat annonçait la fin de la plus grave crise de l'après-guerre, avec un PIB en très légère hausse au 4e trimestre 2013 (+0,1%).

Pier Carlo Padoan, un Romain de 63 ans, peut se prévaloir d'avoir été entre 2001 et 2005 le directeur exécutif du Fonds monétaire international (FMI) en Italie, ayant sous sa responsabilité également la Grèce, le Portugal, Saint-Marin, l'Albanie et le Timor oriental.

Secrétaire général adjoint de l'OCDE depuis 2007, soit son numéro deux, il a joué un rôle de consultant régulier auprès de la Banque mondiale, de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE), autant d'arguments de poids en sa faveur.

Interrogé il y a peu sur la crise économique que traverse l'Italie, il avait donné sa vision des choses: "les taxes qui n'entravent pas la croissance sont celles sur les propriétés, comme les taxes foncières, alors que celles qui favorisent le plus la reprise et l'emploi sont celles sur le travail".

Parallèlement à ses diverses activités professionnelles, le nouveau ministre de l'Economie a poursuivi une carrière de professeur, enseignant au Collège d'Europe à Bruges (Belgique) entre 1992 et 2001, mais aussi dispensant ses cours de l'Argentine au Japon en passant par la Pologne.

En Italie, il a longtemps été professeur d'économie à l'université de la Sapienza à Rome, un élément de son parcours que la presse italienne associe non sans arrière-pensées à Mario Draghi, président de la BCE, qui avait étudié dans la même université.

Tous deux partagent une forte admiration pour l'économiste keynésien Federico Caffè, déclaré mort en 1998 après une mystérieuse disparition en 1987.

Il a également été fait "doctor honoris causa" de l'Université Libre de Bruxelles, ainsi que des universités d'Urbino (centre), La Plata (Argentine) et Tokyo.

Directeur de la Fondation "Italianieuropei", un laboratoire d'idées politiques autour de questions économiques et sociales, Pier Carlo Padoan a publié de nombreux ouvrages sur la finance internationale, la crise du système monétaire européen, l'euro et l'économie européenne.

Marié, M. Padoan est père de deux filles.

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