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Obama reçoit le dalaï lama, à la grande fureur de la Chine

21/02/2014 09:33 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Barack Obama devait recevoir vendredi le dalaï lama, à la grande fureur du régime communiste chinois qui a mis en garde les Etats-Unis contre les "conséquences négatives graves" d'une telle entrevue avec sa bête noire.

La rencontre entre M. Obama et le dalaï lama est prévue à 10H00 (15H00 GMT) à la Maison Blanche. L'exécutif américain en a refusé l'accès à la presse.

Dans le but apparent d'atténuer la colère de Pékin, la présidence des Etats-Unis a en outre organisé cette réception dans la salle des cartes de la Maison Blanche et non le prestigieux Bureau ovale, réservé aux chefs d'Etat et de gouvernement étrangers.

Jeudi soir, en révélant la rencontre, une porte-parole de la Maison Blanche, Caitlin Hayden, avait souligné que le président Obama recevait un "leader religieux et culturel respecté internationalement".

Obama a reçu le chef spirituel tibétain en exil pour la dernière fois à Washington en 2011, provoquant déjà l'ire de la Chine.

La réaction de Pékin n'a pas tardé vendredi. "La Chine est fermement opposée" à la réception à la Maison Blanche du dalaï lama, a indiqué le ministère chinois des Affaires étrangères. "Nous exhortons les Etats-Unis à prendre en compte de façon sérieuse l'inquiétude de la Chine et à immédiatement annuler la rencontre prévue".

L'entretien prévu vendredi entre M. Obama et le dalaï lama serait une "grossière ingérence dans les affaires intérieures de la Chine", a ajouté le ministère dans un communiqué, en précisant avoir transmis aux autorités américaines les "protestations solennelles" de la Chine.

Lors d'un point de presse régulier, Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, a qualifié vendredi le dalaï lama d'"exilé politique engagé depuis longtemps dans des activités séparatistes antichinoises sous couvert de religion".

- Tensions avec Pékin -

"Nous enjoignons les Etats-Unis à ne pas offrir chez eux de plateforme à ses activités séparatistes", a-t-elle insisté, estimant que cette entrevue "violait gravement les règles régissant les relations internationales".

Cette irritation chinoise -- systématiquement exprimée à chaque fois qu'un dirigeant étranger reçoit le leader spirituel tibétain -- intervient dans un contexte de récents sujets de contentieux entre les deux premières puissances mondiales.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a demandé la semaine dernière à la Chine davantage de "transparence" après les tensions causées par l'instauration unilatérale par Pékin d'une "zone d'identification de la défense aérienne" (ADIZ) en mer de Chine orientale.

M. Kerry a également agacé la Chine en réaffirmant que les Etats-Unis se tenaient prêts à défendre leur allié japonais en cas de conflit avec la Chine, à l'heure où Pékin et Tokyo s'opposent sur un différend territorial en mer de Chine orientale.

Enfin Pékin et Washington ont eu récemment de vifs échanges sur la liberté de la presse, le régime communiste étant accusé de représailles visant des médias occidentaux qui ont publié des enquêtes sur les immenses fortunes de proches des dirigeants chinois.

La rencontre entre M. Obama et le dalaï lama "aura des conséquences négatives graves sur les relations sino-américaines", a mis en garde le ministère chinois des Affaires étrangères.

Mme Hayden a souligné que si les Etats-Unis soutenaient "fermement les droits de l'homme et la liberté religieuse en Chine", ils reconnaissaient le Tibet comme faisant "partie de la République populaire de Chine".

"Nous sommes préoccupés par les tensions et la détérioration de la situation des droits de l'homme dans la région du Tibet", a-t-elle ajouté.

Le dalaï lama ne s'oppose pas à ce que le Tibet reste dans le giron chinois, contrairement à ce dont l'accuse Pékin, mais il appelle à davantage d'autonomie pour le Tibet.

De nombreux Tibétains dénoncent la domination grandissante des Han, l'ethnie ultra-majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture, estimant par ailleurs que le développement économique de leur région profite surtout aux Han.

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