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Manifestations au Québec pour la protection de l'eau potable

21/02/2014 09:17 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

Près d'une vingtaine de manifestations pour la protection de l'eau potable ont eu lieu vendredi au Québec.

Organisées par le Regroupement interrégional gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent, ces manifestations se veulent solidaires avec les citoyens du groupe Ensemble pour l'avenir durable du grand Gaspé.

C'est à Gaspé que le mouvement a d'ailleurs eu le plus de succès. Une centaine de personnes se sont rassemblées pour scander des slogans contre le pétrole devant les bureaux du député de Gaspé, Gaétan Lelièvre.

Un des manifestants, Yvon Richard, a d'ailleurs interpellé directement le ministre en rappelant que ce dernier avait promis que Gaspé ne serait pas le cobaye de la fracturation hydraulique. « Il faudrait peut-être qu'il en parle à son amie Marois », a lancé le manifestant.

Étudiante de Montréal, Camillia Pilon faisait partie de la foule de manifestants à Gaspé. La jeune femme croit que le Québec a besoin d'une nouvelle réglementation et d'une nouvelle politique sur l'exploitation des hydrocarbures. « Et surtout, ajoute-t-elle, on a besoin de se faire entendre et de dire que ce n'est vraiment pas un développement qu'on veut. »

À Cap-aux-Meules

Aux Îles-de-la-Madeleine, le mouvement provincial a aussi remporté un certain succès et attiré une cinquantaine de Madelinots devant les bureaux de la députée des Îles, Jeannine Richard.

Les manifestants ont réitéré leur appui à la Municipalité-des-Îles-de-la-Madeleine qui, comme Gaspé, a adopté un règlement pour protéger ses sources d'eau potable d'éventuels forages. Les participants à la manifestation ont tous soulevé symboliquement un verre d'eau pour souligner l'importance de leur démarche. L'organisateur de l'événement, Raymond Gauthier, espère que la députée Jeannine Richard transmettra le message au ministre de l'Environnement.

À Carleton-sur-Mer

À Carleton-sur-Mer, une vingtaine d'environnementalistes, pancartes à la main, se sont regroupés devant le bureau du député Sylvain Roy. Le groupe Environnement Vert Plus et le groupe Tache d'Huile demandent au député de prendre position contre l'exploitation du pétrole en Gaspésie et le gaz de schiste. Le groupe n'a pu rencontrer le député Sylvain Roy, mais a obtenu une rencontre avec lui mercredi prochain.

Le président d'Environnement vert Plus, Bilbo Cyr, explique que le groupe demande au député de choisir entre la ligne de parti et son désir de représenter la population. « Parce qu'actuellement, les deux ne s'en vont pas dans la même direction », soutient M. Cyr.

Maude Prud'homme, du Mouvement Tache d'huile souhaite pour sa part que la population soit consultée sur les orientations gouvernementales en matière de développement pétrolier. « Est-ce que les gens, demande Mme Prud'homme, savent ce que ça signifie techniquement l'exploration sur le territoire? J'en doute fort. »

À Rimouski

À Rimouski, une trentaine de personnes ont répondu à l'appel. Les manifestants ont dénoncé également les projets d'exploration pétrolière à l'île d'Anticosti. L'une des organisatrices de la manifestation de Rimouski, Marie-Neige Besner, de la Coalition pour une prospérité sans pétrole, reconnaît que le Québec ne peut tourner le dos au pétrole du jour au lendemain.

Toutefois, souligne-t-elle, il y a urgence et le Québec doit faire de réels efforts pour développer d'autres sources d'énergie moins polluantes. Mme Berner rappelle que cela fait 25 ans que le Québec parle de développement durable et qu'aucune solution n'est mise en place. « C'est plutôt, note la militante, le contraire qui se produit présentement. On développe davantage les sables bitumineux, on développe davantage de pipelines, on développe Anticosti, on veut développer dans des lieux habités tels que Gaspé. »

À Sainte-Anne-des-Monts

À Sainte-Anne-des-Monts, les organisateurs ont décidé de distribuer de l'information et des cartes postales en fin de journée dans des commerces (supermarchés et SAQ) ou à la sortie des bureaux entre 16 h et 18 h. Les cartes postales s'adressent au Conseil municipal de Gaspé et visent à les encourager à aller en appel dans le litige contre Pétrolia.

Le comité a aussi préparé deux lettres, une, pour demander aux maires de la Haute-Gaspésie d'adopter le règlement de Saint-Bonaventure et l'autre, au député de Gaspé, Gastan Lelièvre, pour lui demander la mise en place d'une réglementation provinciale pour protéger les sources d'eau potable.

À Québec ils étaient une vingtaine devant l'Assemblée nationale à se faire entendre. Ils étaient seulement 13 à Montréal devant les bureaux de la première ministre Pauline Marois.  D'autres manifestations avaient lieu à Sherbrooke et en Beauce.

Lise Chartrand, porte-parole, Regroupement Ensemble pour l'avenir durable du Grand Gaspé, explique le peu d'intérêt des Québécois d'autres régions par le fait qu'ils ne sentent directement concernés.

Cette mobilisation survient à la suite du jugement de la Cour supérieure du Québec qui donne raison à la compagnie Pétrolia en invalidant le règlement de la Ville de Gaspé sur la protection des sources d'eau potable.

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