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Ukraine: le président s'entend avec l'opposition

21/02/2014 05:04 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le président ukrainien et les leaders de l'opposition ont signé une entente, vendredi, après trois jours de violences sans précédent qui ont fait 77 morts.

L'accord prévoit la tenue d'une élection présidentielle anticipée, une réforme constitutionnelle et la formation d'un gouvernement d'union nationale afin de sortir le pays de la crise qu'il connaît depuis trois mois.

Il s'agit de concessions majeures après le bain de sang ayant fait 47 morts jeudi. L'élection présidentielle anticipée devrait avoir lieu d'ici la fin de l'année.

Quelques minutes après la signature de cet accord, le parlement a adopté le retour à la Constitution ukrainienne de 2004, qui limite les pouvoirs du président. C'était une des principales demandes des manifestants.

Le médiateur de la Russie n'a pas signé l'accord. Il aurait été « utile » dans les négociations, selon le ministre des Affaires étrangères polonais. La Russie prônait plutôt la ligne dure contre les manifestants.

Les manifestants acceptent l'accord, mais occupent toujours la capitale

Le Conseil représentatif, qui représente les manifestants de la place de l'Indépendance, a voté pour l'accord de sortie de crise. Mais les opposants se trouvaient toujours dans la rue, vendredi. 

Il reste à voir comment ils réagiront à cet accord, estime François Brousseau, chroniqueur international à Radio-Canada.

«  On dit que certains ont accepté. Est-ce que tous ont accepté? Est-ce que ces gens-là vont accepter le fait que Ianoukovitch reste encore quelques mois au pouvoir?  »

Avant la conclusion de l'entente, les opposants affirmaient qu'ils ne bougeraient pas tant que le président n'aurait pas remis sa démission.

Calme précaire

Sur le terrain, la situation était tendue vendredi matin. Certains manifestants avaient même préparé des cocktails Molotov, en prévision de nouveaux affrontements avec les policiers. 

Les autorités ukrainiennes ont annoncé en matinée que des manifestants avaient ouvert le feu sur les forces de l'ordre. Ces affrontements se seraient produits dans le centre de Kiev, entre la place de l'Indépendance et le Parlement, distants d'environ 1,5 km. La police ukrainienne, qui ajoute avoir riposté à l'attaque, ne précise toutefois pas si ces échanges de coups de feu ont fait des victimes.

De son côté, l'opposant Arseni Iatseniouk, l'un des chefs de file de la contestation, a affirmé que des policiers armés avaient fait irruption dans l'enceinte du parlement. Le vice-président du parlement a confirmé l'information, mais a ajouté que les policiers avaient été repoussés.

Le ton a monté d'un cran vendredi au parlement, avant la conclusion de l'accord. Des élus en sont venus aux poings lorsque le président du parlement, un allié de Viktor Ianoukovitch, a repoussé un débat sur une résolution prévoyant une réduction des pouvoirs présidentiels.

La crise ukrainienne, déclenchée fin novembre par la volte-face du président Viktor Ianoukovitch sur le rapprochement négocié depuis des mois avec l'Union européenne, a basculé dans une nouvelle dimension cette semaine avec 75 morts au moins depuis mardi, dont 47 pour la seule journée de jeudi.

Au cours de cette journée d'affrontements sans précédent en Ukraine depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les opposants ont repris le contrôle de la place de l'Indépendance, occupée depuis 48 heures par les policiers.

Dans la soirée jeudi, les manifestants ont observé une veillée funèbre pour rendre hommage à leurs camarades tués, à la lueur de leurs écrans de téléphones portables. Des secouristes transportaient des corps sur des brancards à travers des rangées de manifestants scandant « Héros, Héros », en hommage aux morts.

Avec les informations d'Alexandra Szacka

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