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JO-2014 - Ski alpin: von Hohenlohe, quel est donc cet Hubertus mexicano-excentrique?

21/02/2014 05:42 EST | Actualisé 23/04/2014 05:12 EDT

A 55 ans, Hubertus von Hohenlohe ne se lasse toujours pas de passer pour un riche excentrique: pour ses 6es jeux Olympiques, il a choisi pour le slalom de samedi de porter une combinaison inspiré d'un costume de mariachi mexicain.

Le seul représentant du Mexique aux JO de Sotchi n'est pas n'importe qui: ce noble austriaco-mexicain est jet-setteur, chanteur, photographe, présentateur de télévision, agent d'artiste et... accessoirement skieur.

Né au Mexique, le fils du Prince Alfonso von Hohenlohe, patron de la division mexicaine du constructeur automobile Volkswagen, et de la princesse Ira von Fürstenberg, héritière du groupe italien Fiat, a passé sa jeunesse entre l'Espagne, l'Italie et l'Autriche.

A 21 ans, il se met en tête de disputer une épreuve de Coupe du monde de ski alpin après un pari avec Werner Grissmann, un descendeur de l'équipe d'Autriche. L'objet du pari, cinq bouteilles de champagne.

Grissmann assure qu'il reléguera à dix secondes le prince mexicano-autrichien lors d'une descente.

Pas assez bon pour prétendre à une sélection dans la redoutable équipe d'Autriche, ou même d'Italie, le pays de sa mère, il créé la Fédération mexicaine de ski et gagne au passage son pari, puisqu'il mettra seulement neuf secondes de plus que Grissmann.

Il écume alors le circuit de la Coupe du monde de ski alpin, obtient quelques résultats comme une 5e place dans le combiné de Madonna di Campiglio (Italie), sur cinq participants il est vrai.

Premiers JO en 1984

En 1984, il participe à ses premiers JO, à Sarajevo, première étape de son périple olympique qui le mène à Calagry en 1988, à Albertville en 1992, à Lillehammer en 1994 et Vancouver en 2010.

Pendant toutes ces années, ce touche-à-tout multiplie les expériences et se lance avec succès dans une carrière de chanteur, sous le nom de Royal Disaster et Andy Himalaya, très inspiré par Andy Warhol, puis de photographe de mode.

Après quelques années loin du circuit de ski alpin, Hubertus von Hohenlohe a fait un retour remarqué en 2010, pas tant par ses résultats (46e du slalom, 78e du géant) que par sa tenue, inspiré par les pistoleros méxicains.

Rebelote cette année à Sotchi avec une tenue de mariachi: "J'ai un look très particulier, j'espère que le Mexique sera fier de moi", avoue celui qui va devenir le doyen des participants aux JO d'hiver après le Suédois Carl August Kronlund, qui avait 58 ans lors des JO-1924 de Chamonix.

"Avec ma participation, je veux montrer aux gens qu'il faut faire du sport et que cela permet de prolonger notre vie", explique-t-il.

"Je n'ai pas les mêmes ambitions que les personnes qui viennent pour gagner, je veux donner le meilleur de moi-même, jouir du moment et être une inspiration pour les rêves d'autres", détaille Von Hohenlohe avec le détachement de ceux à qui tout réussit dans la vie.

Hubertus von Hohenlohe a sans doute croisé le chemin au Village olympique de la skieuse libanaise Jackie Chamoun qui a fait parler d'elle à cause d'une vidéo la montrant dénudée, les seins cachés par ses skis dans le cadre d'une séance photo pour un calendrier.

L'auteur de ces photos et de cette vidéo ? Hubertus von Hohenlohe bien sûr qui ne comprend pas l'indignation qu'ont suscité ces clichés.

"Ce sont des photos artistiques, il n'y a rien d'offensant", assure-t-il, tout en ajoutant : "Une entreprise m'a appelé pour faire des photos, je ne sais pas encore si je vais le faire". A 55 ans, la vie est toujours un jeu pour Hubertus von Hohenlohe

psr/jr/el

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