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RDC: l'Eglise dénonce la manipulation en sous-main de milices au Katanga

20/02/2014 05:15 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

L'Eglise catholique dénonce la manipulation en sous-main de milices semant la terreur au Katanga, dans le Sud-Est de la République démocratique du Congo et "l'attentisme du gouvernement central" face à la crise dans cette province.

Dans une lettre pastorale obtenue jeudi par l'AFP, les évêques du Katanga reviennent sur les crimes commis par des groupes armés "maï-maï" (ex-milices populaires d'autodéfense) ou "Bakata Katanga" (indépendantistes) depuis plus de trois ans et dont le rayon d'action n'a cessé de s'étendre au cours des derniers mois.

"Nous dénonçons la main noire qui manipule des jeunes gens transformés en tueurs impitoyables" et "l'attentisme du gouvernement central", qui "devrait se préoccuper davantage de la souffrance atroce des populations sinistrées", écrivent les évêques des huit diocèses de la province.

Le texte dénonce également "l'approvisionnement en armes et munitions dont bénéficient les miliciens, manipulés par d'obscurs personnages".

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), on compte aujourd'hui plus de 400.000 personnes déplacées au Katanga (soit près de huit fois plus qu'en 2011).

Pour les évêques, la revendication de l'indépendance du Katanga n'est qu'un "prétexte généralement évoqué pour justifier un [...] déchaînement de la violence".

Le Katanga est la région la mieux dotée de la RDC, du fait de son sous-sol extrêmement riche en matières premières, mais l'extraction minière n'est vraiment développée que dans sa partie sud, et la majeure partie de la population de la moitié nord de la province, d'où sont originaires les "maï-maï" locaux, vit dans une misère insondable.

Originaires du nord du Katanga, les "maï-maï" qui agissent dans la province, et qui épousent parfois la cause Kata Katanga, ont étendu leur emprise en 2013 en descendant progressivement vers le sud et ils déstabilisent désormais la région de Lubumbashi, la capitale provinciale et deuxième ville du pays.

Selon le dernier rapport des experts de l'ONU sur la RDC, le mouvement Kata Katanga manque de coordination entre ses différents chefs de guerre et servirait "les intérêts des élites politiques et économiques nationales et provinciales, qui l'utilisent pour fomenter des troubles ou, au contraire, améliorer la stabilité, selon leurs besoins".

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