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Plus d'austérité pour maintenir le cap

20/02/2014 04:18 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Pour renouer avec l'équilibre budgétaire en 2015-2016, Québec compte piger dans les poches des jeunes familles et serrer davantage la ceinture de l'appareil gouvernemental, indique le budget déposé à l'Assemblée nationale par le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

Un texte de Gaétan Pouliot Twitter Courriel

Rejeté par l'opposition, ce plan économique a cependant peu de chance d'être mis en œuvre et devrait se transformer en programme électoral pour le Parti québécois.

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Le gouvernement minoritaire de Pauline Marois n'a pas l'intention de repousser de nouveau la date du retour au déficit zéro, comme il l'a fait en novembre dernier. Ses prévisions budgétaires restent les mêmes, malgré un difficile contrôle des dépenses.

« La gestion rigoureuse et efficace des finances publiques sans hausse d'impôt et de taxe est exigeante », a admis le ministre Marceau en conférence de presse.

Les doutes du vérificateur général, Michel Samson, sont donc confirmés par ce budget. Les cibles du gouvernement, notamment celle de limiter à 2 % la hausse des dépenses de l'État, sont « ambitieuses ». Et pour respecter ses prévisions budgétaires, le Québec doit générer de nouveaux revenus et tenir serrés les cordons de la bourse.

Des places en garderie à 9 $

Les jeunes familles sont mises à contribution dans le budget. Les populaires garderies à 7 $ coûteront 8 $ par jour dès septembre 2014 et 9 $ en 2015. Par la suite, ces coûts seront indexés selon le revenu disponible par habitant, indiquent les documents budgétaires.

Cette hausse graduelle permettra aux familles « d'en planifier l'impact sur leur budget », a affirmé le ministre lors de son discours à l'Assemblée nationale jeudi.

Le Parti québécois avait promis de ne pas augmenter les tarifs des garderies au cours de son mandat. Cette mesure est « raisonnable », s'est contenté de dire le ministre ne voulant pas spéculer sur des élections printanières.

Le budget Marceau annonce aussi un contrôle encore plus serré des dépenses de l'État. À titre d'exemple, le gouvernement envoie un message clair aux médecins et aux fonctionnaires : les hausses de salaire qui seront consenties dans les prochaines années seront plus faibles que les précédentes.

Les médecins pourraient aussi voir leurs augmentations salariales, déjà octroyées, étalées sur plusieurs années. Québec veut ainsi respecter la « capacité de payer des contribuables », selon les propos du ministre.

Les faits saillants budget

Moins de commissions scolaires

Afin de faire d'autres économies, Québec entend réduire le nombre de commissions scolaire et facturer davantage les étudiants canadiens qui fréquentent les universités québécoises.

Les ministères, tout comme les organismes gouvernementaux, devront aussi faire des sacrifices. En l'absence des crédits budgétaires, on ne sait toutefois pas quels ministères et organismes écoperont le plus.

Les bars et les restos-bars devront pour leur part enregistrer toutes les transactions effectuées. Le gouvernement veut ainsi freiner l'évasion fiscale et récupérer quelques millions de dollars.

Malgré ces nouvelles compressions, le ministre Marceau s'est défendu de présenter un budget austère. « Je ne pense pas qu'on peut parler d'austérité. On peut parler de contrôle de dépenses. L'austérité serait de réduire les dépenses comme le demande l'opposition », s'est-il défendu en conférence de presse.

La gestion du système de santé est aussi un défi pour le gouvernement qui veut limiter la croissance des dépenses dans ce secteur. Québec annonce donc la mise en place progressive d'un financement axé sur les patients plutôt que le système actuel qui mise sur un financement par établissement.

L'opposition veut des élections

« Vous venez d'assister au lancement d'une campagne électorale », a réagi à chaud le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, ajourant que le ministre Marceau « porte des lunettes ».

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), les « grands perdants » de ce budget sont les familles déjà « surtaxées ».

La CAQ, qui demandait un retour immédiat à l'équilibre budgétaire et une réduction du fardeau fiscal des Québécois, a donc annoncé qu'elle n'appuierait pas le budget.

Du côté de Québec solidaire, il s'agit d'un budget « d'austérité » digne du Parti libéral ou du Conseil du patronat du Québec. La hausse des frais de garderie et des tarifs d'Hydro-Québec touchera plus durement les plus faibles revenus, a dénoncé la formation de gauche.

Avec ce rejet du budget par les partis de l'opposition, la table est mise pour une campagne électorale. Le gouvernement, minoritaire en Chambre, a maintenant ces deux choix : déclencher rapidement des élections ou se faire battre à l'Assemblée nationale sur le budget.

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