POLITIQUE

Le mouvement syndical déçu d'un budget «austère»

20/02/2014 05:48 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT
QMI

Sans surprise, le mouvement syndical s'est dit déçu du budget présenté jeudi par le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, que ce soit au chapitre de la hausse de la tarification en garderie ou du cadre financier des prochaines négociations avec la fonction publique.

Le président de la CSN, Jacques Létourneau, estime que ce budget « provoque une fracture sociale. En rejetant l'idée de rechercher de nouvelles sources de revenus pour l'État et en limitant la croissance des dépenses à 2 % par année, dont 3 % pour la santé et de services sociaux, il n'annonce rien de moins que d'importantes coupes dans les services publics. Cette croissance anémique ne pourra jamais combler les coûts de système. Derrière ces chiffres, il est question ici de services à la population ».

Concernant la tarification en garderie, la présidente de la CSQ, Louise Chabot, qualifie la hausse d'inacceptable. « Le gouvernement, ce qu'il fait, c'est d'augmenter la tarification de 30 % juste pour l'année prochaine, ce qui représente pour une famille avec deux enfants autour de 1000 $ par année. La seule chose que ça va lui rapporter c'est 200, 250 millions, c'est des peanuts, mais pour les parents ça veut dire que pour un service public universel, on va leur demander de contribuer plus, c'est totalement inacceptable. On va dénoncer ça sur toutes les tribunes », dit-elle.

Idem pour la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) qui estime que la hausse des tarifs des centres de la petite enfance (CPE) est injustifiée et que le gouvernement « manque d'imagination ».

« Ce qui s'annonce à l'horizon, c'est une diminution des services à la population, c'est intolérable! De plus, cela s'annonce mal pour les négociations dans le secteur public. Les travailleurs et les travailleuses qui œuvrent dans le secteur public ont déjà contribué largement à l'effort budgétaire; les compressions ajouteront aux difficultés d'attraction et de rétention du personnel », s'insurge le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Le Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) se désole aussi des compressions affirmant que le gouvernement manque d'imagination pour trouver des sources de revenus.

« Nous sommes très inquiets pour l'avenir des services publics. Une croissance globale des dépenses de programmes de 2 % pour chacune des trois prochaines années est nettement insuffisante pour maintenir les services à flot. Les récents rapports du vérificateur général du Québec et de la protectrice du citoyen ont confirmé ce que nous affirmons depuis plusieurs années : les services à la population sont touchés de plein fouet. Avec ce budget, la situation va s'aggraver. C'est déplorable! » commente Carolle Dubé du SISP qui regroupe 260 000 membres.

L'ASSÉ appelle à manifester contre le budget le 3 avril

L'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) organisera une manifestation le 3 avril prochain  pour protester contre le budget Marceau. « Il est inconcevable de donner des congés fiscaux aux entreprises alors que nous continuons de demander aux gens moins fortunés de payer davantage par l'entremise de mesures comme des hausses de tarifs de 28% dans les garderies publiques », défend le co-porte-parole de l'ASSE Justin Arcand.  « Dans une perspective de riposte globale, une multitude de groupes syndicaux et communautaires se joindront à l'ASSÉ pour manifester dans les rues de Montréal le 3 avril prochain », conclut-il.

De son côté, la  Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) demande au gouvernement de préciser ses intentions en matière d'enseignement supérieur. « En annonçant une hausse des revenus de 60 M$ provenant des frais de scolarité des étudiants internationaux, le ministre Marceau met la charrue devant les bœufs et refuse d'attendre les conclusions du chantier sur la politique de financement des universités. »

Budget Marceau 2014: les faits saillants

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