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Maroc: le mouvement pro-réformes du 20-Février marque son 3e anniversaire

20/02/2014 02:12 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées jeudi à Rabat pour marquer le troisième anniversaire du mouvement pro-réformes du 20-Février, né durant le printemps arabe, assurant que leurs revendications pour plus de "démocratie" et de "justice" demeuraient inchangées.

La manifestation s'est déroulée dans le calme devant le Parlement, sous une présence policière plutôt discrète. Les participants, moins nombreux que l'an dernier, ont notamment scandé "vive le peuple", "non à la corruption", et brandi des étendards du mouvement, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ils ont été brièvement rejoints par des diplômés au chômage, qui défilent depuis plusieurs années à Rabat pour réclamer leur intégration dans la fonction publique.

Début 2011, dans la foulée des révoltes tunisiennes et égyptiennes, plusieurs dizaines de milliers de Marocains étaient descendus dans les rues à partir du 20 février, pour réclamer des réformes politiques et sociales profondes dans le royaume.

En réponse à ces revendications, le roi Mohammed VI avait rapidement mis en oeuvre une réforme constitutionnelle, adoptée l'été suivant à une écrasante majorité.

Censée renforcer les pouvoirs du gouvernement, cette nouvelle Constitution consacre une série de droits nouveaux, notamment en matière d'égalité homme-femme, mais beaucoup de dispositions restent encore à mettre en application.

La mobilisation du mouvement du 20-F a, elle, peu à peu perdu en intensité au cours des années 2012 et 2013, ses militants fustigeant une répression des autorités à leur égard.

Entre-temps, le parti islamiste Justice et développement (PJD), jusque-là cantonné dans l'opposition, a remporté un succès historique aux législatives de fin 2011, son leader Abdelilah Benkirane devenant chef du gouvernement.

Si cette victoire a soulevé un vent d'espoir, "les conditions qui nous ont fait sortir il y a trois ans et nos revendications initiales --pour plus d'égalité, un Etat de droit ou une séparation des pouvoirs-- restent les mêmes", a affirmé à l'AFP Fidae, une juriste d'une trentaine d'années, présente à la manifestation.

"Même en petit nombre, on continue de dire des choses, on maintient une forme de mobilisation (...). Le gouvernement actuel a démontré qu'il était dans une logique de gestion des affaires courantes et nous n'avons pas d'espoir que cela change à court terme", a-t-elle ajouté.

M. Benkirane s'est de son côté félicité à plusieurs reprises du fait que le "20-Février ne descende plus" dans les rues, preuve selon lui du succès des "réformes" en cours.

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