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Londres et Téhéran rétablissent des relations directes et hissent leurs drapeaux

20/02/2014 01:51 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

L'Iran et la Grande-Bretagne ont annoncé jeudi le rétablissement de leurs relations diplomatiques directes et hissé symboliquement leur drapeau national sur leurs représentations respectives à Londres et Téhéran, dans le cadre d'une normalisation qui s'accélère.

A la suite d'une très grave crise bilatérale fin 2011, les deux pays s'étaient arrêtés au bord de la rupture, en décidant de s'adresser l'un à l'autre par le truchement de gouvernements tiers : Oman s'était vu chargé de représenter les intérêts iraniens en Grande-Bretagne tandis que la Suède prenait en charge les intérêts britanniques en Iran.

"A partir d'aujourd'hui, les relations entre la Grande-Bretagne et l'Iran sont renouées au niveau des chargés d'affaires non résidents", a affirmé le ministre adjoint iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi à l'agence Isna.

L'information a été confirmée par le Foreign Office, qui a fait savoir que les arrangements formels à travers des pays tiers "n'étaient plus en place". "Il s'agit d'une avancée supplémentaire dans le processus par étapes visant à faire progresser notre relation bilatérale avec l'Iran", a fait valoir un communiqué du ministère britannique des Affaires étrangères.

La normalisation diplomatique sera effective lorsque le Royaume-Uni et l'Iran seront représentés par des ambassadeurs résidents, au lieu des chargés d'affaires non résidents actuels.

Aucune des deux capitales n'a fait de commentaires sur l'échange de diplomates d'ici là.

L'ambassade d'Iran, établie à proximité de Hyde Park à Londres, devrait dans un premier temps limiter son activité à un rôle consulaire. Quelque 400.000 Iraniens séjournent au Royaume-Uni.

Le Foreign Office a pour sa part indiqué "qu'à ce jour la décision de rouvrir l'ambassade (de Grande-Bretagne) à Téhéran n'avait pas été prise". Quelques employés locaux sont sur place, mais Londres a rappelé avoir posé un préalable, à savoir le règlement de "la question des indemnisations".

L'ambassade de Grande-Bretagne à Téhéran a été mise à sac en novembre 2011 par des manifestants qui protestaient contre l'annonce de nouvelles sanctions de Londres contre l'Iran, en raison de son programme nucléaire controversé. L'ambassade d'Iran à Londres avait été fermée en représailles.

Les deux pays n'ont amorcé leur rapprochement qu'après l'élection en juin 2013 du président iranien modéré Hassan Rohani.

Le principe de chargés d'affaires non résidents a été acté cinq mois plus tard, en novembre.

Depuis lors, le diplomate britannique Ajay Sharma s'est déjà rendu à trois reprises en Iran.

A Londres, son homologue iranien Hassan Habibollah-Zadeh a remercié Oman pour s'être occupé des intérêts iraniens pendant deux ans, au cours d'une cérémonie dans les locaux de l'ambassade, selon l'agence officielle Irna.

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