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Les Autochtones du Québec contre la réforme de l'éducation dans les réserves

20/02/2014 09:39 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNLQ) s'adresse aux tribunaux pour tenter de bloquer la réforme de l'éducation dans les réserves autochtones.

Annoncée au début du mois de février, par le premier ministre Stephen Harper et le chef de l'Assemblée des Premières Nations Shawn Atleo, la réforme reconnaît le contrôle des nations autochtones sur l'administration de leur système scolaire, mais c'est Ottawa qui fixera les normes d'enseignement. « Le plus gros changement se résume à un changement de nom et ce n'est rien d'autre qu'une tentative de maquillage honteux », a déclaré le chef Gilbert Whiteduck, porteur du dossier d'éducation à l'APNLQ.

C'est pourquoi une demande de révision judiciaire a été présentée en cour fédérale. Ils veulent empêcher que le projet de loi sur cette réforme soit déposé, tant et aussi longtemps qu'Ottawa ne les aura pas consultés.

Les Premières Nations ont soumis trois conditions nécessaires à l'appui de cette réforme. Elles réclament un soutien à l'enseignement des langues et des valeurs des Premières Nations et la reconnaissance des compétences des Autochtones en matière d'éducation. De plus, ils estiment que l'engagement financier de 1,9 milliard de dollars annoncé en février n'est pas suffisant. 

De son côté, le grand chef de Wendake, Konrad Sioui, craint l'intrusion du fédéral et des provinces dans le système d'éducation autochtone : « On ne veut pas se retrouver dans un système où on va avoir des sœurs supérieures qui vont venir voir ce qu'on fait, ou bien on va avoir des supra structures autochtones qui vont contrôler en nivelant par le bas. On ne veut pas que personne ne vienne jouer dans ce jardin-là. »

Division au sein des Première Nations

Les chefs autochtones du Québec ont répété à maintes reprises depuis cette annonce qu'ils sont contre la réforme prévue par Ottawa. Ils critiquent non seulement le processus de consultation, mais aussi le contenu du projet de loi. « Il revient à chaque région, chaque territoire visé par un traité et chaque Première Nation de choisir la voie à suivre et d'être spécifiquement consultés », a déclaré l'APNQL dans un communiqué de presse.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, se désole de l'attitude du gouvernement fédéral. Il considère que « ce gouvernement n'a pas encore malheureusement la recette pour bien faire les choses, et surtout s'assurer de notre participation de façon adéquate. » D'ailleurs, il rappelle que la participation de l'Assemblée des Premières Nations (APN) à cette réforme n'engage en rien les Premières Nations du Québec.

Questionné par Radio-Canada, l'Assemblée des Premières Nations du Canada n'a pas souhaité réagir à cette division dans les rangs autochtones.

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