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JO-2014 - Ukraine: deux sportifs se retirent des Jeux pour protester contre le régime

20/02/2014 04:57 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Une skieuse ukrainienne et son père qui est aussi son entraîneur ont annoncé jeudi leur retrait des jeux Olympiques de Sotchi pour protester contre l'usage de la force qui a fait des dizaines de morts lors des manifestations de l'opposition à Kiev.

Bogdana Matsotska et Oleg Matsotski se sont déclarés "outrés" par le refus du président Viktor Ianoukovitch de privilégier le dialogue avec les manifestants.

Ce sont les premiers membres de la délégation ukrainienne dont le retrait des JO de Sotchi (qui s'achèvent dimanche) a été confirmé, à la suite des violences qui ensanglantent l'ex-république soviétique.

"En signe de protestation (...) contre les comportements dignes de voyous face aux manifestants, nous cessons de participer aux jeux Olympiques de Sotchi", a écrit Oleg Matsotski sur son compte Facebook, dans une déclaration en son nom et celui de sa fille.

Au lieu de tenter de résoudre le conflit de manière pacifique, le président Viktor Ianoukovitch a "noyé les espoirs de l'Ukraine dans un bain de sang", indiquent-ils dans leur déclaration en ukrainien.

"Gloire à l'Ukraine, gloire à ses héros!", ajoutent le père et sa fille.

Bogdana Matsotska, 27e du Super-G et 43e du slalom géant, était inscrite pour le slalom vendredi.

La skieuse est originaire de la ville de Kossiv, dans la région d'Ivano-Frankivsk, un bastion des manifestations anti-Ianoukovitch.

Le porte-parole du Comité international olympique (CIO), Mark Adams, a confirmé jeudi à Sotchi ce retrait.

Il a indiqué que le chef du Comité olympique ukrainien, l'ex-star de la perche Sergueï Bubka, comprenait la décision de tout athlète ukrainien de se retirer des Jeux.

"Il (Bubka) respecte la décision de chaque athlète", a ajouté le porte-parole du CIO.

- Minute de silence -

Mais M. Bubka pense que "la meilleure chose pour l'équipe est de rester" à Sotchi, pour montrer sa solidarité avec ceux qui souffrent en Ukraine, a encore dit M. Adams.

"Son point de vue, c'est que c'est mieux pour l'équipe de montrer une image d'unité et de réconciliation", a dit M. Adams.

Le Comité olympique ukrainien a indiqué de son côté que ses athlètes et accompagnateurs à Sotchi avaient observé une minute de silence à la mémoire des victimes des violences en Ukraine.

M. Adams a par ailleurs nié une information selon laquelle le CIO avait interdit aux athlètes ukrainiens de porter des brassards noirs pendant les compétitions des Jeux, en signe de deuil à la mémoire des victimes.

Le Comité olympique ukrainien avait indiqué mercredi avoir effectué une demande en ce sens auprès du CIO, mais que ce dernier l'aurait rejetée en arguant qu'une telle initiative était contraire à la Charte olympique.

M. Adams a avancé jeudi une interprétation différente, affirmant que le CIO et la délégation ukrainienne avaient "conclu" mercredi après une rencontre informelle que les athlètes ne porteraient pas de brassard noir ou d'autre signe à la mémoire des morts.

Le Comité olympique ukrainien a cependant fait savoir jeudi que des rubans noirs avaient été accrochés aux drapeaux ukrainiens flottant dans le village olympique.

Le problème de brassards noirs a déjà fait l'objet d'une controverse aux Jeux de Sotchi. Le CIO a ainsi réprimandé la Norvège après que les membres de l'équipe féminine de ski de fond ont porté des brassards noirs à la mémoire d'un frère d'une athlète décédé.

sjw-bfi/mam

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