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Iran: un quotidien réformateur suspendu cinq jours après son lancement (médias)

20/02/2014 11:29 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

La justice iranienne a annoncé jeudi l'interdiction du quotidien réformateur Aseman, lancé il y a moins d'une semaine, pour avoir publié un article qualifié d'insultant envers la loi islamique en vigueur en Iran.

Le quotidien Aseman ("ciel" en persan), qui avait été lancé samedi, "a été interdit de paraître pour avoir publié des articles insultants envers les croyances sacrées de l'Islam et des articles contrevenant aux lois islamiques", a indiqué le parquet général de Téhéran sur son site internet.

"Dans un article publié mardi, il a qualifié d'+inhumain+ la qisas", la loi du talion inscrit dans la charia, la loi islamique en vigueur en Iran, selon le communiqué.

Le directeur général du quotidien, Abbas Bozorgmehr, est également poursuivi dans cette affaire, a ajouté le parquet.

Ce responsable a expliqué dans les médias que la publication du mot +inhumain+ était une "erreur involontaire".

"J'ai enlevé le mot dans la version relue mais malheureusement l'équipe technique a envoyé à l'imprimerie la version non-relue" de l'article, a-t-il dit, cité par l'agence Isna, affirmant que "ce genre d'erreur peut arriver, considérant le lancement récent du journal et le manque de moyens techniques".

Il a dénoncé "ceux qui veulent utiliser cet incident (...) pour écarter un rival".

Un membre d'un centre de réflexion religieux, Mohammadreza Bagherzadeh, a fait porter au gouvernement du président modéré Hassan Rohani la responsabilité de cette "attaque" contre la loi islamique.

"Ce genre de commentaires et de remarques faits par ceux qui ne croient pas dans l'enseignement religieux sont causés par l'atmosphère culturelle du nouveau gouvernement", a affirmé le religieux à l'agence Fars.

Le président Rohani, élu en juin 2013, a souhaité plus de liberté dans les affaires culturelles et sociales, notamment un allègement de la censure sur les livres.

Un autre quotidien réformateur, Bahar ("printemps" en persan), a été fermé en octobre pour avoir également publié un article considéré comme insultant envers la religion chiite.

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