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Espagne: satisfecit du FMI sur le sauvetage des banques mais encore des inquiétudes

20/02/2014 10:37 EST | Actualisé 22/04/2014 05:12 EDT

Le Fonds monétaire international (FMI) a souligné jeudi les "défis importants" auxquels le secteur bancaire espagnol fait encore face, malgré sa sortie en janvier du plan de sauvetage européen, s'inquiétant plus largement du chômage et de la reprise encore timide de la croissance.

"Les autorités ont appliqué le programme avec fermeté", a salué le FMI dans son cinquième et dernier rapport d'étape, écrit à l'issue d'une mission à Madrid en décembre.

Ces rapports s'inscrivent dans le cadre de la supervision par la Troïka (FMI, Commission européenne et Banque centrale européenne) des strictes conditions qui ont accompagnées le programme de sauvetage européen du secteur bancaire espagnol, qui s'est achevé le 23 janvier.

Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne avait dû recourir à l'été 2012 à cette aide, d'un total de 41,3 milliards d'euros, pour voler au secours de certaines banques. Ajoutée à la crise financière globale, la déroute du secteur bancaire avait accru la méfiance des investisseurs internationaux, précipitant l'Espagne au bord d'un sauvetage global.

"Les conditions sur le marché financier se sont très nettement améliorées", souligne le FMI. Mais "le secteur financier fait toujours face à des défis importants".

Le FMI s'inquiète ainsi des créances douteuses, principalement des crédits de promoteurs immobiliers et de particuliers risquant de ne pas être remboursés, qui continuent de grimper à des niveaux historiques malgré la création d'une structure de défaisance pour les actifs toxiques des banques, la Sareb.

Les banques doivent aussi être encouragées à renforcer leur capital "en augmentant les émissions d'actions" plutôt qu'en choisissant de limiter le crédit, ce qui freine actuellement la timide reprise de la croissance survenue au troisième trimestre 2013.

"Des réformes structurelles majeures dans plusieurs secteurs (dont le marché du travail et les politiques budgétaires) devront être poursuivies afin d'atteindre une croissance suffisamment rapide pour faire baisser à un niveau raisonnable, à moyen terme, le chômage", qui reste à un niveau historique (26,03%), poursuit le FMI.

"Le désendettement du secteur privé" et les mesures visant à réduire le déficit public "vont aussi continuer à freiner la croissance pendant un temps", constate le FMI, alors que le gouvernement conservateur a lancé un programme historique de rigueur en 2012.

La Commission européenne avait également appelé dans son rapport final l'Espagne à poursuivre la rigueur, réduire le chômage et renforcer la surveillance des banques.

elc/bir

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