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Attaques aux favelas pacifiées à 4 mois du Mondial: "Nous ne reculerons pas" (Beltrame)

20/02/2014 12:45 EST | Actualisé 21/04/2014 05:12 EDT

Les récentes attaques contre des Unités de Police Pacificatrice (UPP) dans des favelas de Rio, qui ont coûté la vie à une jeune policière et blessé d'autres agents, montrent que la lutte contre le crime organisé n'est pas gagnée à 4 mois du Mondial.

José Mariano Beltrame, le secrétaire à la Sécurité de l'Etat de Rio, a lancé une offensive de choc et assure qu'il ne "reculera pas".

Q: A quoi vous attribuez cette recrudescence d'attaques aux UPP?

R: "Nous n'avons jamais cru que les criminels qui ont dominé les favelas pendant plus de 30 ans renonceraient facilement. Aujourd'hui, dans certaines favelas, nous avons des situations qui ont semé la panique chez les habitants (...) mais nous devons rappeler que dans le passé, ces actions criminelles étaient quotidiennes.

Dans ces favelas (attaquées) nous faisons un travail qui donnera des résultats concrets, un travail de police judiciaire. Il s'agit d'enquêtes policières pour tenter de retirer les criminels de ces endroits, comme on l'a fait dans le Complexo do Alemao (zone nord) où à la fin de la semaine dernière, nous avons arrêté 15 personnes impliquées dans des attaques contre les UPP des favelas Penha et Complexo do Alemao.

On ne peut pas réagir sur un coup de tête. Il faut analyser, étudier, identifier les personnes pour les arrêter et c'est ce qui sera fait.

Dans la favela Rocinha (zone sud et touristique de Rio, attaquée dimanche), nous faisons un travail similaire.

Il est primordial de souligner qu'il n'y aura pas de retour en arrière dans la politique de sécurité et que ces actes renforcent notre détermination d'apporter la paix à la région.

Q: Dans le cas spécifique de la Rocinha, le scandale "Amarildo" a affaibli la crédibilité du projet UPP?

R: "Je pense que l'habitant dans un premier temps, peut avoir été touché par le discrédit. (Marié et père de famille, Amarildo de Souza, 47 ans, a disparu le 14 juillet à la Rocinha, après avoir été interpellé et conduit au poste par des policiers de l'UPP qui cherchaient des informations sur le trafic local, ndlr). Mais je souligne toujours que la lumière a été faite sur ce crime barbare qui a fait l'objet d'une reconstitution et d'une expertise. Ce travail technique de la Division d'homicides de la police civile a conduit 25 policiers, dont le commandant de l'UPP, à la prison.

Avant, quand le pouvoir parallèle dominait la Rocinha, il n'y avait pas de justice et seulement un "empereur" qui jouait le rôle du pouvoir exécutif, législatif et judiciaire.

Les cas de personnes tuées par le trafic et dont les familles n'ont jamais connu les circonstances de leur mort ni le droit d'avoir le corps sont innombrables.

Q: Que manque-t-il encore dans les favelas pacifiées?

R: "A chaque fois qu'une favela entre dans le processus de pacification, nous remettons à l'Etat et aux communes une nouvelle parcelle de Rio où les services publics (ramassage des ordures etc..) peuvent arriver et où le droit de pouvoir circuler librement est assuré aux habitants.

Cela représente un énorme défi pour les autorités et ce processus n'avance pas à la vitesse que nous souhaiterions. Mais ce qui ne fait aucun doute c'est que le pouvoir public est devenu présent dans ces quartiers.

C'est la même chose au niveau des entreprises, il faut créer des opportunités d'emploi et de qualification pour les jeunes des favelas.

A ce jour, 36 UPP comptant plus de 9.000 policiers, ont été implantées dans 252 favelas où vivent 1,5 million de personnes, des 40 prévues d'ici au Mondial (12 juin au 13 juillet).

En six ans, les homicides ont chuté de 65% dans les favelas "pacifiées" et de 48% dans la ville.

cdo/pal/mpd

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